Soulagement à Escaudoeuvres, dans le Nord. La sucrerie, condamnée par Tereos qui a indiqué début mars vouloir fermer le site, a trouvé un repreneur. Le groupe belge spécialiste de la pomme de terre, Agristo, va succéder à l'entreprise française. 350 millions d'euros seront injectés pour transformer, d'ici le deuxième semestre 2027 si tout va bien, le site en friterie, ont fait savoir le ministère de l'Industrie et Tereos.
Les prochains mois seront décisifs pour le lancement des travaux. "D’ici à 2025, (sera franchie) une étape technique, administrative et d’autorisation industrielle, qui devrait être simplifiée puisque le projet s’inscrit dans une continuité de l’activité agroalimentaire, une étape de démontage de l’usine existante et de préparation du terrain qui pourrait commencer en 2023, un début de construction pour 2025 et un démarrage de la production espéré en 2027 (deuxième semestre)", a détaillé Tereos dans un communiqué.
"En mars, à Caudry, avec les salariés de Nestlé et à Escaudoeuvres avec ceux de Tereos, je m'étais engagé à tout faire pour redynamiser le territoire. Aujourd'hui on va montrer qu'il y a de l'avenir pour l'industrie dans le Cambrésis", s'est félicité le ministre dans les colonnes de La Voix du Nord. L'entourage du ministre confirme que le groupe agroalimentaire belge promet de créer jusqu'à 350 emplois dans la future usine qui produira des frites et des röstis.
Un PSE signé en juin
C'est aussi une bonne nouvelle pour les exploitants de la région, car Agristo promet de s'approvisionner en pommes de terre dans un périmètre de 150 kilomètres autour de l'usine. "Alors que la France se positionne en tant que 1er exportateur mondial de pommes de terre fraîches, elle est cependant en déficit commercial persistant dans les échanges de pommes de terre transformées. Nul doute que cette nouvelle implantation industrielle permettra de combler cet écart tout en permettant de capter la valeur ajoutée au plus près des bassins de production nationaux", a commenté l'Union nationale des producteurs de pommes de terre dans un communiqué. Le syndicat appelle le gouvernement à soutenir la production nationale de ces féculents alors qu'Agristo envisage de transformer 500 000 tonnes sur place.
En revanche, rien de nouveau pour les salariés de la sucrerie. Seuls 40 des 123 emplois seront conservés (dont 10 à titre temporaire), afin de gérer la partie logistique du site, conformément au PSE signé en juin avec les syndicats. L'annonce de la fermeture de l'usine en mars avait suscité une levée de boucliers de la part du gouvernement, qui s'interrogeait notamment au regard des résultats financiers probants de l'entreprise et de ses engagements à maintenir l'activité. Tereos de son côté s'était défendu en mettant en avant la diminution des volumes de sucres liée selon le groupe à une baisse de la surface en betteraves dans la région.





