La rumeur courrait depuis plusieurs jours, elle a été confirmée par l’Élysée vendredi 20 juin en début de soirée. «Le Président de la République envisage, sur proposition du Premier ministre, de nommer Madame Anne-Isabelle Etienvre en qualité d’administratrice générale du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives» a indiqué l'Élysée dans un communiqué vendredi 20 juin. La nomination de l’actuelle directrice de la recherche fondamentale du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) reste soumise à l'approbation de l'Assemblée nationale et du Sénat.
Alors que la France multiplie les initiatives pour relancer sa filière nucléaire, c’est donc une spécialiste du secteur qui a été choisie. L’autre finaliste en lice, Sophie Mourlon, actuelle directrice générale de l’énergie et du climat (DGEC), avait de son côté travaillé pour l’Autorité de sureté du nucléaire (ASN).
Il faut dire que les défis dans le domaine sont particulièrement nombreux. Accompagner le développement des start-up qui fabriquent des miniréacteurs nucléaires, construire de nouvelles piscines centralisées pour entreposer les combustibles usés, démanteler les vieilles installations nucléaires du CEA font partie des chantiers prioritaires auxquels devra s’atteler la future dirigeante du CEA. Sans parler du stockage des déchets nucléaires.
Parmi les autres missions de l'organisme de recherche, rattraper le retard européen sur le marché des semi-conducteurs, grâce à la ligne de production pilote «Fames» au sein du CEA à Grenoble. Ouverte en mars dernier dans le cadre du Chips Act européen, elle poursuit le développement de la technologie FD-SOI en visant des gravures en 10 et 7 nanomètres, contre 28 et 22 aujourd’hui.
Une carrière dédiée au CEA
Si sa nomination est confirmée, Anne-Isabelle Etienvre succédera à François Jacq, qui a pris en mai dernier la tête du Centre national d’études spatiales (CNES). Pour cette physicienne, diplômée de l’École normale supérieure de Paris-Saclay, le CEA n’a rien d’une découverte. Rentrée 2003 au sein du Service de physique des particules dont elle prend la direction en 2014, elle est nommée deux ans plus tard à la tête de l’Institut de recherche sur les lois fondamentales de l’Univers (Irfu).
Dans ce cadre, elle rejoint plusieurs conseils scientifiques et exerce dans le domaine de la physique des particules notamment au CERN. Entre 2022 et 2023, l’agrégée en sciences physiques, titulaire d’un doctorat en physique des particules, avait brièvement quitté le CEA pour un passage comme conseillère recherche au cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de Sylvie Retailleau.
Les autres candidats retenus pour le poste étaient François Gauché, directeur de l’entité Healthcare de Framatome et ancien directeur de l’énergie nucléaire du CEA. Ou encore de David Emond, arrivé au CEA en juin 2019 pour prendre la tête du réacteur de recherche Jules Horowitz - le RJH - en construction à Cadarache.



