Pourquoi OpenAI arrête la recherche en robotique malgré des résultats prometteurs

Un cofondateur d'OpenAI a annoncé au cours d'un entretien diffusé en ligne fin juillet 2021 que l'entreprise américaine avait mis un terme à ses recherches en robotique. L'IA n'est-elle pas mûre pour "entraîner" les robots ?

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La main robotique dirigée par l'intelligence artificielle de OpenAI
OpenAI avait fait parler d'elle en octobre 2020, lorsqu'elle avait présenté un algorithme d'intelligence artificielle permettant à un main robotique de manipuler un Rubik's Cube.

Dévoilée en plein milieu de l’été, l’annonce est passée relativement inaperçue. Pourtant elle est d’ampleur. Interviewé dans l'émission Weights & Biases diffusée sur Youtube, le cofondateur du célèbre laboratoire de recherche OpenAI, Wojciech Zaremba a révélé à la surprise de son auditoire avoir récemment dissout son équipe robotique. Une information repérée par le média spécialisé VentureBeat. 

Manque de données

Pourquoi ce changement de stratégie, d’autant plus étonnant qu’OpenAI avait obtenu des résultats intéressants, notamment dans l’utilisation de méthodes d'intelligence artificielle dite “d'apprentissage par renforcement” pour piloter une main robotique humanoïde, et lui permettre de résoudre un Rubik's Cube ?

Le manque de données pour entraîner les modèles, d’abord. «Il s’avère que [dans le cas de l’apprentissage par renforcement] nous pouvons faire des progrès ou les confirmer lorsque nous avons accès à des données», a expliqué Wojciech Zaremba lors de l'entretien. «Il y a en réalité de nombreux domaines très riches en données, mais c’est ce qui nous a freiné en robotique.»

D’autant qu’une solution alternative, qui serait de permettre aux algorithmes de s’entraîner directement à partir de flux vidéos de trajectoires, est encore bien trop coûteuse en puissance de calcul pour être mise en œuvre avec les ordinateurs actuels, a défendu l’entrepreneur.

Autres priorités

Derrière les enjeux techniques se cachent aussi des priorités économiques et stratégiques. «Je pense que si nous étions une entreprise de robotique, ou dont les objectifs étaient différents, alors nous aurions continué. Je crois beaucoup dans la direction prise par la robotique, mais si l’on se place dans la perspective de notre objectif qui est de construire une intelligence artificielle générale [ou intelligence artificielle forte, c’est-à-dire capable de raisonner et de comprendre à la manière d’un humain, ndlr.], toutes les briques n’étaient pas là», a précisé Wojciech Zaremba. 

«Nous avons décidé de ne pas continuer plus avant dans la robotique et de recentrer notre équipe sur d’autres projets, a complété un porte-parole d’OpenAI auprès de VentureBeat. En raison des progrès rapides de l’IA et de ses capacités, nous avons trouvé que d’autres approches, par exemple l’apprentissage par renforcement avec un retour humain, mène à des progrès plus rapides dans notre recherche sur l’apprentissage par renforcement». Un choix qui repose aussi sur des considérations commerciales, note toutefois le journal spécialisé, qui rappelle que la recherche en robotique est très gourmande en capital pour des applications pas toujours évidentes. Là où des briques de générations de texte (GPT-3) ou d’images (DALL-E) trouvent plus facilement des cas d'usages monétisables. La société co-financée par Microsoft et Elon Musk, a d'ailleurs présenté son dernier projet fin août. Baptisé Codex, il utilise une partie des codes de GPT-3, entraînés sur des millions de lignes de codes, pour générer automatiquement des lignes de codes à partir d’instructions écrites. Un projet encore en développement, mais déjà disponible pour certaines applications simples sur la plateforme Github, sous le nom de Copilot.

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