Bientôt le grand saut pour la thermoacoustique ? C’est l’ambition du CTTM, le centre de transfert de technologies du Mans. Cet acteur essentiel de l’écosystème local dédié à l’acoustique, qui affiche un chiffre d’affaires d’environ 800 000 euros par an, fait le lien entre les mondes académique et industriel. Et pour sa petite quinzaine d’experts du son, pas de doute : la thermoacoustique a de beaux jours devant elle, au-delà des paillasses de laboratoire.
Valoriser le son sous forme d’électricité
De quoi s’agit-il ? « La thermoacoustique, c’est l’étude des interactions entre une onde acoustique et un champ de températures », explique Côme Olivier, ingénieur de recherches au CTTM. Et parmi ses champs d’application, l’une retient tout particulièrement l’attention : la possibilité de transporter de la chaleur avec du son. Une onde acoustique peut en effet être générée en imposant un gradient de température le long d'un matériau poreux placé dans un guide d'onde [voir vidéo]. « Le son produit est une forme d'énergie mécanique qui peut être valorisée ensuite sous forme d’électricité », résume Côme Olivier.
Des propriétés physiques qui pourraient séduire les fabricants de pompe à chaleur individuelle. « L’utilisation d’ondes sonores permettrait de se passer de certaines pièces mécaniques et surtout de fluides frigorigènes nocifs, en les remplaçant par de l’hélium ou de l’argon », mentionne Côme Olivier. Autre application envisagée : la récupération de la chaleur fatale, celle perdue dans les process industriels. « Tout l’enjeu pour nous est de fiabiliser nos outils de dimensionnement et de conception », souligne l’ingénieur. Pour convaincre les industriels, un démonstrateur est prévu pour 2023.



