L’armée de Terre française compte une nouvelle recrue : la fabrication additive. Pour répondre aux problèmes d’approvisionnement posés par le Covid-19, elle a créé en avril une ferme d’imprimantes 3D comptant 50 machines, installées au sein de des Ecoles militaires de Bourges (Cher). Ce chiffre en fait l'un des centres d’impression 3D militaires les plus importants d’Europe.
Plus de 60 000 pièces y ont déjà été imprimées. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Comme l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui a investi 2 millions d'euros dans 60 imprimantes pendant la crise, l’armée de Terre veut pérenniser l’usage de la fabrication additive.
Opération Barkhane
Mis en place par la société française Hava3D, le parc machines a permis, depuis le début du mois de mai, de "fabriquer des pièces détachées pour résoudre des problèmes de disponibilité de matériel terrestre", est-il indiqué dans un communiqué.
Les armées voient surtout dans la fabrication additive un moyen d’assurer l’approvisionnement dans des lieux isolés, comme le sont souvent les terrains d’opération militaire. D’ailleurs, les imprimantes utilisées à Bourges – de la marque Ultimaker – ont déjà été testées au Mali en octobre 2019 dans le cadre de l’opération Barkhane.
Gain de temps et d’autonomie
Car la fabrication additive permet de répondre rapidement à des problématiques posées par le terrain. Elle a notamment été utilisée pour fabriquer un support de caméra thermique standard (4 heures d’impression), un étui de protection pour protéger les bouteilles médicales (5 heures), un commutateur de remplacement (2 heures) ou encore un pare-soleil pour protéger les optiques de véhicules blindés (2 heures).
Autant de pièces qu’il aurait fallu faire fabriquer puis expédier sur le terrain. Autant de temps et d’autonomie gagnés. "Les essais qui se poursuivent ont pour vocation de renforcer l’autonomie de production, de maintenance et même d’innovation, grâce à un matériel 3D ouvrant autant d’applications possibles que de besoins décelés", précise le communiqué. Une chose est sûre : l’usage de la fabrication additive par le militaire ne fait que débuter.



