La mission était baptisée en un délicieux franglais : "No time Toulouse" (homophone de "no time to loose", pas de temps à perdre en anglais). Partis de Nouvelle-Zélande le 20 juin au petit matin (vers 20h heure française), les cinq premiers nanosatellites de la constellation européenne dédiée à l'internet des objets Kinéis ont été mis en orbite sans encombre.
Propulsés par une fusée Electron de l'américain Rocket Lab, ces petits satellites de 28 kg chacun ont été lâchés sur une orbite circulaire basse à 635 km d'altitude. "La phase délicate de séparation de nos cinq nanosatellites avec le lanceur s’est très bien déroulée, relate le PDG de Kinéis, Alexandre Tisserant, dans un communiqué. Nos équipes travaillent maintenant à les placer sur leurs orbites respectives."
Prochain lancement plus tard cette année
Ce lancement est le premier sur les cinq qui devraient être lancées d'ici à 2025, la constellation devant compter à terme 25 satellites. Leur mission ? "Connecter tout objet sur n’importe quel endroit du globe (zones blanches comprises) et transmettre des données utiles aux utilisateurs, en quasi-temps réel", rappelle l'entreprise. Un second départ doit intervenir "un peu plus tard cette année", d'après son PDG.
Derrière ce projet, une équipe de 60 personnes basée à Toulouse (Haute-Garonne) et une levée de fonds de 100 millions d'euros en 2020, auprès du Cnes, du spécialiste des données spatiales CLS et de Bpifrance. Menée par Héméria, à Toulouse elle aussi, la fabrication de la constellation se fait à la chaine. Et fédère de nombreux acteurs du spatial français, comme les locaux Comat et Actia, le breton Syrlinks ou encore le franco-italien Thales Alenia Space. Au total, quelque 200 personnes de cette filière embryonnaire s'activent à faire naître la constellation de Kinéis.
Son premier lancement depuis la Nouvelle-Zélande ouvre "la perspective de l’ouverture de services commerciaux complets" de Kinéis, félicite son PDG dans le communiqué. L'entreprise crée en 2018 compte ouvrir ses premiers services de suivi des objets depuis l’espace d’ici à la fin de l’année 2024. Et ambitionne de franchir la barre des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à huit ans, correspondant à un parc d’environ 2 millions d’objets surveillés.



