Négociations tendues sur les augmentations de salaires chez Schneider Electric. Différentes organisations syndicales – FO, CFDT, CFE-CGC et CFTC – ont lancé une grève de trois jours, à commencer du mardi 17 janvier, pour obtenir des augmentations de salaires alignées sur l'inflation. L’équipementier électrique compte 15 000 salariés en France, dont 11 000 au sein de sa maison-mère et 4 000 répartis dans différentes filiales.
Un minimum de 100 euros pour tous
Comme sur l’année 2022, il est demandé à ce que «les augmentations couvrent le niveau de l’inflation», résume Emmanuel Da Cruz, coordinateur FO chez Schneider Electric, contacté par L’Usine Nouvelle. Celle-ci a atteint en moyenne à 5,2% en 2022. Mais la direction propose aujourd’hui une enveloppe globale de 3,7%, dont 2% consacrés aux augmentations générales et 1,7% aux augmentations individuelles. Pour les syndicats, le compte n'y est pas, notamment pour les plus bas salaires, les plus affectés par l’inflation.
Les organisations syndicales demandent aujourd’hui «un minimum de 100 euros pour tous, soit une augmentation de 5% pour un salaire de 2 000 euros brut, avec une enveloppe globale de 5,5%», détaille Emmanuel Da Cruz. Il évoque des enjeux de «justice sociale» et de «vrai partage des profits». Et ce, d’autant plus que «les déclarations de notre PDG, Jean-Pascal Tricoire, laissent présager de bon résultats» pour l’année écoulée, affirme le représentant syndical. Les résultats 2022 seront présentés plus tard dans l'année, mais ils pourraient être dans la veine des années précédentes. En 2021, le groupe a enregistré un bénéfice net annuel de 3,2 milliards d’euros, en hausse de 51% par rapport à 2020.
Un conflit parti pour durer?
Contactée, la direction n’a pas souhaité commenter, puisque les négociations sont toujours en cours. Mais les syndicats semblent prêts à poursuivre leurs actions si celles-ci n’aboutissent pas.
L’idée d’étaler la grève sur trois jours est de «faire des équipes qui tournent et de déstabiliser la direction», explique Yvon Mory, coordinateur CFDT. Des centres logistiques sont notamment bloqués. Par la suite, le mouvement pourrait se concentrer sur des actions plus ciblées afin d’impacter l’activité économique du groupe ou son image de marque. La réunion annuelle des cadre dirigeants et commerciaux du groupe, qui se tient la semaine prochaine à Deauville (Calvados), pourrait aussi être ciblée.



