Les propositions de Bruxelles pour créer un espace européen des données

La Commission européenne a dévoilé mercredi 19 février sa stratégie concernant les données et l'intelligence artificielle. Elle repose sur quatre propositions, dont l'investissement de 4 à 6 milliards d’euros dans les infrastructures de stockage et traitement des données.

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Datacenter d'Oracle à Zurich, en Suisse
Dans le centre de stockage des données d'Oracle à Zurich, en Suisse.

Les données, et en particulier celles industrielles, sont au cœur de la stratégie numérique développée par la nouvelle Commission européenne, présidée par Ursula Von der Leyen. Bruxelles a dévoilé l’un des piliers de cette stratégie mercredi 19 février, à savoir un plan d’action destiné à faire émerger un espace européen des données et un livre blanc sur l’intelligence artificielle. "L’Europe doit disposer de ses propres capacités numériques, qu’il s’agisse de l’informatique quantique, de la 5G, de la cybersécurité ou de l’intelligence artificielle", a défendu à cette occasion Ursula Von der Leyen dans une tribune publiée en exclusivité par L’Usine Nouvelle.

Alors que la Commission européenne prévoit une multiplication par cinq de la quantité de données produites en Europe d’ici 2025, notamment celles industrielles, elle a présenté une stratégie de la donnée basée sur quatre propositions. L'enjeu : accompagner la transformation numérique des secteurs industriels et favoriser le partage des données entre les entreprises et entre elles et les administrations.

Pour un acteur européen majeur dans le cloud

La première proposition renvoie donc à l'instauration d’un cadre législatif pour le partage des données, comprenant un travail sur l’interopérabilité des données et la sécurité des échanges. Bruxelles compte également mener une politique d’investissement dans les infrastructures, que sont le cloud pour le stockage des données et les supercalculateurs pour leur traitement.

Malgré des budgets encore en discussion, la Commission européenne espère pouvoir investir dans ces infrastructures 4 à 6 milliards d’euros à compter de 2022. Un point d’autant plus important que l’Europe comprend une base industrielle forte mais que la grande majorité des entreprises stockent leurs données dans les cloud de firmes américaines telles Amazon, Google et Microsoft.

20 milliards d’euros par an dans l’IA visés

Les deux autres propositions renvoient à la création d’espaces européens de données dans des domaines prioritaires comme l’écologie, industrie, mobilité, santé... et le développement d’une "approche internationale ouverte mais proactive", selon les termes de la Commission.

En parallèle de la présentation de cette stratégie, Bruxelles a publié son livre blanc sur l’intelligence artificielle. Très attendu, il contient des propositions mises sur la table dans le cadre d’une consultation ouverte avec les acteurs du secteur pour trois mois. Y figure notamment la création d’un fonds de soutien à l’innovation abondé d’au moins 100 millions d’euros. Avec l’espoir d’obtenir, en mêlant les financements de toutes les parties prenantes privées et publiques, 20 milliards d’euros d’investissements par an dans le secteur de l’IA.

Encadrer les applications "à risque"

Avoir des centres de recherche d’envergure mondiale, multiplier les partenariats public/privé, soutenir la formation, créer dans chaque Etat membre un laboratoire d’innovation digitale destiné aux PME pour favoriser leur accès à des technos d’IA, ... sont autant de propositions faites dans ce livre blanc. Bruxelles souligne également sa volonté de développer "un écosystème de l’IA de confiance". A partir des travaux menés par son groupe d’experts en éthique, la Commission européenne envisage d’encadrer les applications dites "à risque" : il s’agirait d’imposer un certain nombre de prérequis aux applications d’intelligence artificielle qui seraient développées dans un secteur à haut risque – comme la santé et l’énergie – et qui comporteraient elles-mêmes des risques.

A l’image de cette IA de confiance, l’Europe projette ses valeurs dans la transformation numérique qu’elle entend soutenir avec cette stratégie. "Nous avons besoin d’une transition numérique qui soit européenne de conception et par nature", plaide Ursula Von der Leyen, en ajoutant : "Cette Europe numérique devra refléter le meilleur de l’Europe. Elle sera ouverte, équitable, diverse, démocratique et confiante." C’est sur la base de ces valeurs que Bruxelles va travailler sur un autre pilier de sa stratégie numérique : la régulation des plateformes numériques type Amazon, avec une proposition de loi dite "Digital services Act" attendue d'ici à la fin de l'année, notamment basée sur une révision de la directive e-commerce.

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