Les nanosatellites de la pépite Kinéis seront lancés par l'Américain Rocket Lab

La pépite tricolore Kinéis a signé un contrat avec l'entreprise américaine Rocket Lab concernant le lancement de sa constellation de nanosatellites. Ceux-ci devraient à terme permettre de connecter plus de deux millions d'objets.

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Nano-satellites Kinéis
Les cinq lancements des nanosatellites de Kinéis devraient démarrer au cours du deuxième trimestre 2023.

Plus d'un an et demi après avoir levé 100 millions d'euros, la pépite Kinéis se rapproche de son objectif: envoyer la première constellation française de nanosatellites dans l'espace. Dans un communiqué publié le 8 septembre, la start-up annonce avoir signé un contrat avec la société américaine Rocket Lab pour lancer 25 satellites en 2023, au cours de cinq missions successives. La fusée Electron décollera depuis la Nouvelle-Zélande, où sont basés une partie des installations de Rocket Lab, et placera les nanosatellites à 650 kilomètres de la Terre.

Un savoir-faire tricolore

Ces derniers, qui pèsent 30 kilos et sont prévus pour durer huit ans, viendront connecter à terme jusqu'à deux millions d'objets, « dans des domaines aussi variés que l'agriculture, la logistique, les transports ou l'énergie », précise Kinéis. Ils permettront également de moderniser la connectivité du système Argos, capable de localiser et de collecter des données pour les applications scientifiques et environnementales. Grâce à cette nouvelle infrastructure spatiale, le signal pourra être rafraîchi toutes les dix à quinze minutes, contre deux heures minimum aujourd'hui.

Cette annonce est une bonne nouvelle pour de nombreux acteurs français, à commencer par le premier soutien de la start-up: CLS (Collecte Localisation Satellites), une filiale du Centre National d'Etudes Spatiales (CNES). Conscients du potentiel de Kinéis, les deux entités ont apporté plus de la moitié de la somme levée en février 2020. De son côté, la PME toulousaine Hemeria est chargée d'assembler les nanosatellites, le maître d’œuvre industriel Thales Alenia Space et la PME rennaise Syrlinks vont construire les charges utiles et Objenious, la filiale de Bouygues Telecom spécialisée dans l’IoT (internet des objets), prodigue son expertise.

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Déjà de nombreux clients

Membre de la French Tech Next 40 depuis 2021, Kinéis a déjà su s'imposer comme un partenaire clé dans de nombreux domaines. L'entreprise a récemment remporté « deux projets financés par le programme européen Eurostars: Forestens (prévention des incendies de forêt) et Catset (un outil d’aide à la décision pour l’élevage extensif qui s’appuie notamment sur des étiquettes d’oreilles connectées pour les bovins) », rappelle le communiqué. Elle travaillera également avec Orange pour développer des terminaux hybrides et, selon Les Echos, elle aurait aussi signé un contrat avec Vinci Construction. Son chiffre d'affaires devrait atteindre 10 millions d'euros en 2021, un chiffre que Kinéis espère à terme multiplier par dix.

Devant un tel succès made in France, certains regretteront peut-être que la pépite ait choisi un lanceur américain, et non européen. « La précision et la fiabilité éprouvées [de Rocket Lab], qui a déjà déployé avec succès plus de 100 satellites, ont été des facteurs décisifs », justifie-t-elle. Il aurait en plus été beaucoup plus complexe logistiquement d'organiser cinq lancements avec une fusée Véga d'Arianespace, prévue pour transporter des charges beaucoup plus lourdes.

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