Il n’y a pas que Mickey qui a droit de cité à Disneyland Paris. Depuis le 4 mai 2025, d’adorables petits robots foulent le sol du parc d’attractions de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne). Ces droïdes, baptisés «BDX», liés à l’univers de Star Wars, avaient déjà été observés, depuis mars dernier, lors d’événements internes, aux États-Unis.
Franck Stassi Un employé (sur la droite) actionne discrètement les robots (photo: Franck Stassi)
La capacité des droïdes à se déplacer facilement vers le public était un prérequis pour The Walt Disney Company. «Grâce à l’apprentissage par renforcement, les droïdes entraînent en simulation avant même de faire un seul pas réel, explique Kyle Laughlin, le vice-président de Walt Disney Imagineering Research & Development, la filiale du groupe dédiée aux développements créatifs. Ce qui les distingue vraiment, c’est leur étincelle de personnalité. Nous recherchons une connexion émotionnelle grâce à la technologie.»
Les quatre robots de la gamme, Aurek, Besh, Grek et Oskar, sont constitués de 14 actionneurs et de quatre haut-parleurs intégrés. Lors de leur présentation aux actionnaires en mars, chacun avait été doté d’un trait de caractère : joueur, aventurier, explorateur et observateur. Les proportions des droïdes, l’inclinaison de leur tête ou la manière dont les pieds bougent ont été pensés pour faciliter le contact avec les visiteurs des parcs. Caché en retrait, un employé pilote les robots, tel un marionnettiste 2.0.
Un nouveau moteur open source
Si Disney se félicite d’avoir recours à l’apprentissage au moyen d’exercices, qui permet d’entraîner des centaines de versions d'un robot en simulation avant même d'en construire un physiquement. Car les droïdes BDX ne sont que la première étape d’un déploiement plus large de ces personnages d’un nouveau genre.
Il y a quelques semaines, Disney a conclu un partenariat avec Nvidia et Google DeepMind, la filiale dédiée à l’intelligence artificielle de Google. «Cette collaboration nous permettra de créer une nouvelle génération de personnages robotiques plus expressifs et captivants que jamais», s’enthousiasme Kyle Laughlin. Disney pourra ainsi se servir de Newton, un moteur physique open source qui permet aux robots d’apprendre à gérer des tâches complexes avec une précision augmentée. Disponible fin 2025, il devrait précéder Groot N1, un autre projet de Nvidia dédié au raisonnement et aux compétences humanoïdes des robots.
Après s’être amusés avec les visiteurs de Disneyland Paris durant quelques semaines, les droïdes BDX vont rester à Marne-la-Vallée pour l’été, mais dans un autre lieu : un bar éphémère, dont ils seront les vedettes. On ignore, pour l’heure, s’ils seront capables de servir les rafraîchissements…




