Les cobots, l’imagerie et l’hydrogène ont la cote à Global Industrie

Les robots pullulent dans les allées de Global Industrie à Lyon. Parmi les innovations repérées au salon, beaucoup de solutions pour faire communiquer les différents protocoles entre eux, en attendant l’arrivée de la 5G. A signaler, quelques nouveautés dans les matériaux et l’effervescence autour de l’hydrogène.

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Salon Global Industrie 2023 à Lyon
Interactions entre cobots et robots au Global Industrie de Lyon.

Impossible de lister l’ensemble des innovations présentées au salon Global Industrie à Lyon cette semaine. S’il fallait retenir quelques points saillants, sans doute faut-il s’intéresser au match robot contre cobot? A droite, le robot représenté par les géants du secteur: Fanuc, Mazak, Kuka, ABB, et leur pléiade d’installateurs et revendeurs. Les organisateurs ont bien isolé un village de la robotique, mais globalement, le robot est partout. Comme chez Rexroth, filiale du groupe Bosch, bien décidée à ne pas se cantonner aux photocopieuses.

A gauche, dans son coin et encore relativement isolé, juste après le village des start-up, le cobot, qui peut accompagner les tâches manuelles, sans les supprimer complètement. Est-il vraiment nécessaire dans l’usine France, qui rattrape son retard dans l’automatisation? N’est-il pas qu’un pis-aller, et ne doit-on pas le laisser aux logisticiens?

Cobot flexible contre robot puissant

«Pour certains de nos clients, investir dans un robot qui ne va pas travailler H24, c’est une perte de temps et d’argent. Ils préfèrent acquérir un cobot, l’adapter à plusieurs outils afin de lui confier d’autres tâches», plaide Jocelyn Peynet, directeur d’Universal Robots en France, qui rappelle que l’industrie française est encore cinq fois moins robotisée et cobotisée que ses homologues allemande et italienne.

Sans ambages, le fabricant danois cible les PMI. «Contrairement au robot mono-tâche, dédié à des grandes séries, un cobot communique par exemple avec un AMR (Autonomous mobile robot). Ce qui fait gagner du temps à l’opérateur», dit-il en montrant un petit chariot autonome qui vient alimenter un poste de travail. Exemple déployé récemment par Universal Robots dans une PME française: «Nous avons équipé une tôlerie fine du secteur aéronautique qui avait besoin de renforcer ses opérations de soudure. Quand la tâche est terminée, il peut être transféré vers une plieuse», décrit Jocelyn Peynet.

Il y a un enjeu à faire collaborer entre eux ces cobots, robots et autres machines automatisées, appuie en substance Anne-Cécile Colin, directrice de l’ingénierie du groupe Galilé à Châlon-sur-Saône (Saône-et-Loire), une ETI de près d’un millier de salariés, intégratrice de machines automatisées qui s’est embarquée à bord du train des automates de convoyage et de l’usine connectée. «Pour notre groupe de 35 PME industrielles, impossible de passer à côté de la digitalisation. Mais il nous faut réussir à attirer des talents du numérique alors que nous ne sommes pas visibles», poursuit l’ingénieure.

L’hydrogène sur toutes les lèvres

Sur ce créneau de l’usine communicante et intelligente, des start-up se fraient un chemin, comme la lilloise Diagrams, qui met en commun des données de différentes sources pour les rendre intelligibles. Sur ce village de l’IA, la toulousaine Picsellia propose d’associer l’IA à l’analyse d’image pour optimiser les interprétations. L’imagerie dont il a beaucoup été question lors du rendez-vous lyonnais afin d’améliorer la qualité, ou, en amont, construire des jumeaux numériques dans les usines, par exemple pour des moules en plasturgie.

Du côté des produits innovants, le basque Somocap et le bordelais Epsilon composite ont reçu une récompense pour un procédé innovant de surmoulage d’embout thermoplastique sur profilé pultrudé creux en composite carbone associant la pultrusion et l’injection. Exit le collage et le rivetage. L’intérêt: des formes géométriques complexes en une seule opération. Des bielles de structures ont ainsi reçu une qualification aéronautique pour l’A350. Autre récompense attribuée par Global Industrie pour le basque PureNat. L'entreprise a mis au point un fil flexible qui optimise le principe de la photocatalyse et permet de détruire durablement les polluants de l’air. 

Enfin, l’hydrogène pousse tous les industriels à s’interroger. Batteries, piles à combustible, réservoirs, infrastructures: il y aura tant à faire face à la décarbonation des transports voire des installations fixes. Certains pensent déjà à l’apport du numérique pour fiabiliser les rendements. ABB France a, par exemple, présenté un logiciel qui a recours à l’IA. Associé à des instruments de mesure sur la station d’avitaillement, il est installé à Auxerre (Yonne), où l’agglomération a acquis cinq bus à hydrogène. Les prémices d’une aventure qui risque de durer.

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