Il est l’archétype des francs-tireurs de l’aéronautique. Le 14 juillet 2019, il est peu dire que la démonstration de Franky Zapata survolant la place de la Concorde à Paris avec son drôle d’engin, le Flyboard Air, a fait sensation.
Une prouesse technique relayée un peu partout dans le monde, suivie peu de temps après par la traversée de la Manche. Si la Direction générale de l’armement (DGA) a soutenu le projet l’année d’avant à hauteur de 1,3 million d’euros, Franky Zapata, 41 ans, aura longtemps cherché la légitimité dans le secteur aéronautique. Il faut dire que le profil de ce champion de jet-ski jure quelque peu. À défaut d’être ingénieur, Franky Zapata est inventeur. Fort de son palmarès sportif, il crée au début de la décennie 2010 un Flyboard à eau, un engin à sustentation hydropropulsé. Trois ans plus tard, il parvient à adapter cette première machine pour mettre au point le Flyboard Air dans ses ateliers de Rove (Bouches-du-Rhône), près de Marseille : une planche volante autonome, fonctionnant au kérosène, équipée de cinq mini-turboréacteurs pilotés par des algorithmes pour assurer en permanence l’équilibre de l’engin.
Les performances ? Une vitesse de pointe de plus de 200 km/h, une hauteur maximum de 150 mètres et une durée de vol de 8 minutes. De quoi intéresser les états-majors et les forces de l’ordre de nombreux pays... Le risque de voir partir cette technologie made in France aux États-Unis en 2017 crée justement un électrochoc qui fait réagir la DGA. Franky Zapata doit encore améliorer son invention – pour diminuer le bruit, améliorer la maniabilité... – afin que les forces spéciales puissent s’en servir sur le terrain. Mais déjà l’autodidacte s’attelle à un nouveau défi : développer une voiture volante. Son lancement pourrait intervenir en 2020.



