Le Medef demande une baisse sensible des impôts de production dès 2020

A l’occasion d’un déplacement chez la PME Rafaut confrontée à la crise aéronautique, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a exhorté l’Etat à mettre en œuvre des mesures rapidement sans attendre 2021, comme la baisse des impôts de production.

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lors d’un déplacement chez la PME Rafaut confrontée à la crise aéronautique, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux
Geoffroy Roux de Bezieux, président du Medef, s'est rendu à l'usine Rafaut en région parisienne pour rencontrer une PME confrontée à la crise de l'aéronautique.

Comment une PME traverse-t-elle la crise économique quand elle fait partie de l’un des secteurs les plus touchés comme l’aéronautique ? Pour le savoir, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, s’est rendu mercredi 17 juin 2020 à Villeneuve-la-Garenne (Hauts de Seine) chez le sous-traitant Rafaut qui compte 400 salariés en France. Confronté à la chute de production des avions civils, l’objectif de chiffre d’affaires du fournisseur d’Airbus - qui devait atteindre 105 millions d’euros cette année - a été revu à la baisse à 90 millions d’euros et l’entreprise a instruit un dossier de prêt garanti par l’Etat.

"Quand Airbus ralentit, toute la filière aéronautique souffre", a souligné le président du Medef après la visite des ateliers de production où les mesures de distanciation entre les compagnons ont été mises en place.

Toutefois, l’entreprise Rafaut a pu amortir le choc grâce à la dualité de ses activités, à la fois civiles et militaires. Elle peut compter sur son deuxième grand client, Dassault Aviation, pour lequel elle fabrique les systèmes d’accrochage capables de porter les bombes ou les réservoirs de carburant sous les ailes des Rafale. "Nous n’avons fermé qu’une seule journée en période de confinement, le temps de nous réorganiser et mettre en place les mesures de protection sanitaire pour nos salariés", s'est félicité Bruno Berthet, le président du groupe Rafaut.

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Ni naïf, ni défaitiste

Le président du Medef est bien conscient que toutes les entreprises ne traversent pas la crise économique aussi facilement. "La crise est extrêmement difficile pour tout le monde avec des secteurs en grande difficulté comme l’aéronautique, l’automobile, la restauration… Il ne faut être ni naïf ni défaitiste. Il y aura des faillites", a-t-il alerté. Selon lui, si les chiffres des défaillances sont à un niveau très bas en mai, c’est grâce aux dispositifs d’urgence mis en place par l’Etat comme le prêt garanti (PGE) qui a évité les faillites.

Face à ce risque, le patron du Medef exhorte l’Etat à accélérer la mise en œuvre de son plan de relance. Pour l’institution patronale, l’entrée en vigueur des principales mesures ne doit pas attendre le prochain projet de loi de finances soit le 1er janvier 2021. "Ces six mois risquent de coûter très cher en emploi et en croissance. Il faut que les mesures, qui devraient être annoncées courant juillet, entrent en vigueur rapidement", a insisté le patron des patrons.

L’une des mesures phares défendues par le Medef : une baisse sensible des impôts de production, qui seraient de 60 milliards d’euros plus élevés en France qu’en Allemagne. "S’il y a une réduction qui est faite, il faut la mettre en place maintenant, dès 2020. C’est maintenant que les entreprises en ont besoin, c’est maintenant qu’elles ont des problèmes de trésorerie, c’est maintenant qu’il faut faire l’effort", a plaidé Geoffroy Roux de Bézieux. Quitte selon lui à creuser le déficit public cette année pour repartir plus fort l’année prochaine. "C’est une bonne dépense publique qui permettra de relancer la croissance, donc l’assiette fiscale, donc les recettes fiscales", a-t-il affirmé. Reste à savoir si Bercy l’entend de cette oreille.

120 milliards d'euros de prêts garantis par l'Etat

Le numéro un du Medef s’est aussi inquiété du niveau d’endettement des entreprises. Les demandes de prêts garantis par l’Etat (PGE) auraient déjà dépassé les 120 milliards d’euros. Selon lui, il n’est pas souhaitable d’avoir des entreprises trop endettées ou endettées auprès de l’Etat. Si le Medef estime que la plupart des entreprises vont rembourser leur PGE car il s’agissait pour elles avant tout d’une mesure de précaution pour affronter la sévérité de la crise, ce ne sera pas le cas de toutes.

"D’autres entreprises auront un problème de fonds propres. Avec Bercy et les banques, nous réfléchissons à une structure qui pourrait venir apporter des fonds propres, de type prêts participatifs aux entreprises, qui se trouveraient début 2021 dans l’incapacité d’honorer les cinq ans d’échéance de remboursement. Combien ? Je ne sais pas mais il y en aura", a affirmé le président du Medef.

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