Le CNRS inaugure son supercalculateur en intelligence artificielle

Jean Zay est officiellement disponible. Ce supercalculateur situé sur le plateau de Saclay (Essonne) mettra sa capacité de calcul de 16 petaflops (soit 16 millions de milliards d’opérations par seconde) au service des scientifiques français du CNRS.

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Construit par Hewlett Packard Enterprise, le supercalculateur Jean Zay situé sur le plateau de Saclay (Essonne), qui prend le nom de l’un des fondateurs du CNRS, vient remplacer Turing, installé en 2012 et dix fois moins rapide. Ce gain de puissance de calcul dit "haute performance" devrait permettre de nombreuses avancées scientifiques.

Il servira à simuler – et à comprendre – des phénomènes complexes ou difficiles à observer, ainsi qu’à analyser de grandes masses de données. Comme étudier le comportement d’une molécule dans le cerveau ou reproduire les cycles biogéochimiques terrestres et prévoir les effets du réchauffement climatique. Jean Zay sera disponible gratuitement pour les chercheurs, y compris les industriels, à condition que leur projet soit jugé pertinent, réalisable et que les résultats obtenus soient publiés selon les critères de la science ouverte.

Outre le fait qu’il est équipé de processeurs (CPU) Intel 40 cœurs dernier cri, Jean Zay innove en ce qu’il sera le premier supercalculateur français doté d’une composante hybride accélérée, destinée à l’intelligence artificielle et au traitement graphique. Elle est composée de 1 292 processeurs graphiques (GPU) Nvidia. Mise en place dans le cadre du plan national "AI for humanity", cette nouveauté était très attendue par la communauté de recherche française en IA. Car l’utilisation de processeurs graphiques permet d’accélérer significativement certains types de calculs à partir de données d’images, dont est friand l’apprentissage profond. Seul bémol : malgré l’utilisation de processeurs efficaces et d’un système de refroidissement à eau chaude peu énergivore, ces performances se font au prix d’une consommation électrique importante, estimée à 1,4 mégawatt. Et si, pour l’instant, les améliorations techniques contiennent la consommation des supercalculateurs, le rythme de la course aux petaflops ne faiblit pas.

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