Le CEA quadruple la puissance de calcul de son supercalculateur de simulation nucléaire

Avec l’extension livrée par Atos, le CEA fait plus que quadrupler la puissance de calcul de son supercalculateur EXA1 dédié à la simulation nucléaire. De quoi disposer du supercalculateur le plus puissant de France.

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Supercalculateur EXA1 du CEA
Le supercalculateur EXA1 du CEA dédié à la simulation nucléaire

Le CEA a annoncé le 17 avril avoir réceptionné le supercalculateur EXA1 HE de la part d’Eviden, entité du groupe Atos. Cette machine, basée sur la technologie BullSequana XH3000 d'Eviden, se présente comme une extension du supercalculateur EXA1 HF, livré par le constructeur français en 2021. Elle fait partie du programme de calcul EXA1 dédié à la simulation nucléaire au sein de la branche militaire du CEA sur le site de Bruyères-le-Châtel, dans l’Essonne. Le montant de l’investissement n’est pas dévoilé.

Avec une puissance de calcul crête de 104 pétaflops (1 pétaflops vaut 1 million de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde), le nouveau système porte la capacité de calcul de pointe de l’ensemble EXA1 à environ 136 pétaflops, ce qui représente plus qu’un quadruplement par rapport à la capacité de calcul de l’EXA1 HF.

Sa performance de calcul selon le référentiel Linpack est estimée à près de 60 pétaflops, ce qui le place au même niveau que le quinzième supercalculateur le plus puissant du dernier Top500, le classement des 500 supercalculateurs les plus puissants au monde, publié en novembre 2023. Cela en fait le plus puissant de France. 

Questions de souveraineté

Selon Jacques-Charles Lafoucrière, directeur de programme au sein de la Direction des applications militaires du CEA, le nouveau système a prouvé ses performances avec l’exécution de premières applications. «Grâce aux meilleures technologies d’accélération des calculs, choisies également pour les systèmes exaflopiques, cette machine offre à la Direction des applications militaires du CEA les moyens de répondre à ses besoins en matière de calcul intensif et d'IA pour les futurs défis de son programme de simulation», déclare-t-il dans le communiqué. La machine se fonde notamment sur la puce Grace Hopper de Nvidia.

Depuis 1996, les essais, nécessaires à la mise au point des armes atomiques françaises, sont remplacés par la simulation numérique au moyen de supercalculateurs toujours plus puissants. Le CEA en est à sa vingt-septième acquisition dédiée à cette tâche. Après avoir fait appel à des machines de calcul américaines en provenance de Cray et Compaq, tous deux aujourd’hui dans le groupe HPE, il a basculé en 2005 pour des questions de souveraineté sur le français Bull, intégré en 2014 dans Atos. Depuis ce changement, il fait d’Atos son fournisseur exclusif de supercalculateurs dédiés à la simulation nucléaire.

L’EXA HE devient le nouveau supercalculateur le plus puissant de France. Il remplace dans cette position l’Adastra, équipant le CINES (Centre national de calcul intensif des universités) à Montpellier. Construit par HPE, ce dernier affiche une puissance de calcul crête de 62 pétaflops.

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