En ligne de mire, l’industrialisation d’Alice & Bob. La start-up a décroché une subvention de 16,5 millions d’euros, via le plan France 2030, pour mener un projet de trois ans. Son objectif ? «Développer les technologies habilitantes nécessaires pour simplifier la technologie et diviser par dix le coût d’un ordinateur quantique», explique Théau Peronnin, le cofondateur et PDG de la start-up.
De quoi atteindre un prix de fabrication de 1 ou 2 millions d’euros, estime l’entreprise. Mené en partenariat avec l’ENS de Lyon et les Mines Paris, le programme – qualifié d’Usine à chats, en référence aux qubits dits de chat développés par la start-up – vise notamment l’électronique de contrôle, le câblage et la conception des puces. Il doit aboutir à la fin 2026. Alice & Bob gagnerait alors trois ans sur sa feuille de route pour construire un calculateur de 100 qubits logiques, protégés des erreurs.
Le dispositif, composé de 1 500 qubits de chat, devrait trouver des cas d’usages réels, veut croire Théau Peronnin. Avant cela, Alice & Bob souhaite la fabrication d’un prototype de 16 qubits physiques – constituant un qubit logique protégé des erreurs – au second semestre 2024. L’échéance suivante sera, fin 2026, la fabrication d’un prototype d’une quarantaine de qubits physiques « pour démontrer l’ensemble des éléments d’un ordinateur quantique tolérant aux fautes », pose le PDG. «En parallèle, l’Usine à chats se concentre sur les briques technologiques nécessaires pour passer de 40 à 1 500 qubits, explique Théau Peronnin. Certaines solutions sur étagère sont prometteuses, encore faut-il qu’elles s’intègrent dans les machines que l’on veut fabriquer.»

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3730 - Mai 2024



