La start-up de bio-impression française Poietis en passe de réaliser la première étude clinique du secteur

La jeune pousse spécialiste de la bio-impression Poietis a lancé cet été une nouvelle campagne de financement participatif. Elle cherche à réunir 1 million d’euros, afin d’envisager des essais d’implantation sur l’humain de tissus imprimés.

 

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Manipulation de tissus bio-imprimés
La jeune pousse spécialiste de la bio-impression Poietis a lancé une campagne de financement participatif de 1 million d’euros, afin d’envisager des essais d’implantation sur l’humain de tissus imprimés.

Spécialiste de l’impression 3D de tissus cellulaires, la jeune pousse Poietis a lancé cet été sa troisième campagne de financement participatif sur la plateforme Wiseed. L’objectif : réunir 1 million d’euros afin d’envisager des essais d’implantation d’une peau imprimée sur l’humain.

"Nous travaillons depuis un an et demi à rendre notre technologie compatible avec les tissus implantables, explique Fabien Guillemot, ancien chercheur de l'Institut national de la santé et de la recherche (INSERM) qui a fondé Poietis en 2014. Notre objectif est d’implanter ce premier substitut de peau bio-imprimé dans les 18 mois. Ce qui n’a encore jamais été fait."

Cancer, brûlures, plaies chroniques…

La start-up, qui compte 35 salariés, fournit des supports – à L’Oréal, BASF ou encore Servier – pour réaliser des tests de cosmétiques ou de médicaments. "Nous fabriquons des tissus de peau permettant d’essayer l’efficacité d’un cosmétique par exemple, avance le fondateur. Mais nous aussi de foie, pour tester la toxicité de candidats-médicaments."

Les tissus que la jeune pousse à Pessac (Nouvelle-Aquitaine) souhaite implanter sont des substituts de peau, fabriqués à partir de cellules du derme et de l’épiderme d’un patient, prélevés lors d’une biopsie. D’après son fondateur, cette peau neuve devrait permettre de réaliser des greffes suite à un cancer de la peau ou à une brûlure, mais aussi de réparer des plaies chroniques ou traumatiques.

Déjà 200 000 euros

Pour envisager ses premiers essais sur l’humain, la start-up qui compte 35 salariés doit répondre aux contraintes réglementaires de mise sur le marché des médicaments. "Lorsqu’ils ont vocation à être implantés, les tissus imprimés sont considérés comme un médicament de thérapie innovant, explique le fondateur. La machine doit donc répondre aux règlementations de la fabrication de médicaments."

C’est notamment pour finaliser la mise en conformité de sa machine, ainsi que pour terminer ses essais précliniques, que Poietis a lancé cette campagne de financement le 30 juillet. "Nous avons déjà levé plus de 200 000 euros, annonce Fabien Guillemot. Ce qui, d’après nos expériences passées, est très correct pour un mois d’août."

Cartilage et pancréas dans le viseur

Accompagnée lors des tests précliniques par l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), l’entreprise bordelaise s’entoure par ailleurs de nombreux laboratoires académiques afin de développer de nouvelles applications et améliorer sa solution. Cela lui permet d’anticiper l’avenir en préparant l’impression de cartilage avec l’université catholique de Louvain (Belgique) et de tissus de pancréas avec l’université de Barcelone (Espagne).

Mais le parcours de l’essai clinique reste long. Des tests in vitro et sur des animaux (principalement des souris) devront démontrer la non-toxicité et l’efficacité du traitement proposé par Poietis, avant d’envisager un première greffe sur l’humain.

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