Une levée de fonds significative pour la seule start-up française de fusion nucléaire. Jeudi 6 mars, la pépite Renaissance Fusion, installée près de Grenoble (Isère), a annoncé avoir réalisé une augmentation de capital de 32 millions d’euros lors de la première phase d’une levée de fonds en série A. «Renaissance Fusion se fixe pour objectif de commercialiser des réacteurs de fusion nucléaire dans les années 2030, ouvrant la voie à une production d’électricité abondante, décarbonée et bon marché», a rappelé à cette occasion Francesco Volpe, président et directeur technique de Renaissance Fusion, dans un communiqué.
Précisément, ce financement doit permettre à Renaissance Fusion d’accomplir trois objectifs : devenir un fabricant d’aimants supraconducteurs haute température – une technologie qui tend à s’imposer dans la fusion nucléaire – dont la commercialisation permettra de fournir une source régulière de revenus ; poursuivre le développement de sa technologie exclusive de parois en métaux liquides ; et enfin construire un module de petite taille de son réacteur de fusion.
Un financement total de 60 millions d'euros
Pour son réacteur, la start-up fondée en 2020 et comptant quelque 60 collaborateurs, a opté pour un confinement magnétique dans une infrastructure appelée stellarator, une architecture biscornue qui tord le plasma en fusion en forme de ruban de Möbius. Un choix original, qui s‘oppose à l’architecture plus courante du tokamak, un sorte de donut que l’on retrouve dans le projet d’Iter par exemple. Cette levée de fonds porte à 60 millions d’euros le financement total de la start-up, qui avait réalisé une première levée en 2022 et qui bénéficie d’une subvention de 10 millions d'euros dans le cadre du plan «Réacteurs nucléaires innovants» opéré par Bpifrance.
Renaissance Fusion n’est pas la seule start-up à partir à la conquête de la fusion nucléaire, qui vise, pour rappel, à reproduire les réactions l’œuvre au cœur des étoiles, en imposant à des atomes légers des conditions de pression et de température telles qu’elles contraignent leurs noyaux à fusionner en un élément plus lourd, dégageant ainsi d’énormes quantités d’énergie. Avec l’espoir de pouvoir ainsi produire une énergie abondante, décarbonée et peu génératrice de déchets.
L’Europe compte aussi Gauss Fusion, fondée en 2022 par cinq industriels et qui vise à construire un réacteur à fusion nucléaire opérationnel d’ici à 2025. Sans oublier, parmi les plus avancées, l’américaine Commonwealth Fusion Systems et la canadienne General Fusion. Autant d’acteurs privés qui veulent aller plus vite que le projet expérimental international Iter, en cours de construction en Cadarache (Bouches-du-Rhône).



