Etude

La France, troisième pays d'Europe à innover dans l'impression 3D

Un rapport de l’Office européen des brevets sur la fabrication additive, publié lundi 13 juillet, dessine un secteur très dynamique, avec une hausse annuelle de 36% des dépôts de brevets dans l'impression 3D. Ils viennent en majorité de pays européens (47%), menés par l'Allemagne (19%), le Royaume-Uni (5%), puis la France (4,8%).

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Fabrication additive : déposition métallique par laser (LMD)
Les demandes de brevets européens en fabrication additive ont fortement crû ces dernières années.

Une explosion. Alors que l’impression 3D entre en production, les chiffres dévoilés lundi 13 juillet par l’Office européen des brevets (OEB) montrent que la fabrication additive connaît des jours heureux. Dans un rapport intitulé « Brevets et fabrication additive, tendances en matière d’impression 3D », l’organisme en charge de la délivrance de brevets pour l’espace européen dresse un portrait détaillé de l’innovation en matière de fabrication additive, et dessine les évolutions technologiques en cours.

Premier chiffre ; entre 2015 et 2018, les demandes de brevets européens dans le domaine ont connu une croissance annuelle moyenne de 36%. Une augmentation "dix fois supérieure à la croissance annuelle moyenne de l’ensemble des demandes de brevets", note l’OEB.

L'explosion des brevets en fabrication additiveOEB
L'explosion des brevets en fabrication additive L'explosion des brevets en fabrication additive

Les pays européens, premiers dans des dépôts en Europe

Le vieux continent innove toujours : entre 2010 et 2018, les pays européens sont à l'origine de près de la moitié (47%) des brevets déposés en fabrication additive auprès de l’OEB. Un score qui permet à l’Europe de conserver la première marche du podium devant les Etats-Unis, à l’origine à eux seuls de 35% des demandes de brevets européens. Au niveau intra-européen, l’Allemagne tire son épingle du jeu : poumon industriel du continent, le pays est à l’origine de 19% des brevets, loin devant le Royaume-Uni (5%) et la France (4,8%).

Les principaux pays demandeurs de brevets européensOEB
Les principaux pays demandeurs de brevets européens Les principaux pays demandeurs de brevets européens

Impossible, néanmoins, de considérer les résultats de l’OEB comme représentatifs de la situation mondiale. Basée à Munich, l’institution publique européenne délivre des brevets qui protègent les innovations pour le marché européen (comprenant 44 pays). Logique donc que les acteurs étrangers y soient surreprésentés. Selon une étude de 2019 du cabinet Wohlers and associates citée par l'OEB, l’Europe représentait par exemple 28,4% des systèmes de fabrication additive industriels installés dans le monde, derrière les Etats-Unis (37,1%) et l’Asie (29,9%). 

Bilan en demi-teinte pour la France

La double domination américaine et allemande se retrouve dans le classement des entreprises puisqu’à la suite des américains General Electric et United Technologies se retrouvent les allemands Siemens (troisième) et BASF (cinquième). Un troisième allemand, Mtu aero engines, parvient lui aussi à se glisser (tout juste) dans le top 10, tandis que le britannique Rolls-Royce conserve la septième place. Dans le top 25 figurent onze entreprises américaines et huit entreprises européennes, parmi lesquelles des spécialistes de l’impression 3D comme Stratasys, 3D Systems et EOS.

Les 25 entreprises innovantes de la fabrication additiveOEB
Les 25 entreprises innovantes de la fabrication additive Les 25 entreprises innovantes de la fabrication additive

Sans avoir à rougir, la France (qui représente 4,8% des demandes de brevets) peut dresser un bilan en demi-teinte de son innovation dans le secteur. Premier français, Essilor (devenue le franco-italien EssilorLuxotica en 2018) se fait remarquer comme la 5e entreprise mondiale du point de vue des demandes de brevets en impression 3D dans le secteur de la santé, mais ne se retrouve qu’à la 42ème place tous secteurs confondus. Le motoriste Safran, deuxième français demandeur de brevets, émarge quant à lui à la 48ème place dans la fabrication additive.

Les PME très dynamiques en France

Spécificité de la France : 23 % des demandes de brevets françaises en impression 3D proviennent de PME, un taux deux fois supérieur à la moyenne européenne. Parmi elles, l'OEB distingue le fabricant drômois de membranes céramiques Tami Industries ainsi que l'entreprise Poly-Shape (Bouches-du-Rhône), désormais partie du groupe AddUp.

Notant l'importance de la recherche publique française, le rapport pointe aussi que trois départements français s’inscrivent dans le top 20 des régions européennes : l’Isère (onzième), le Val-de-Marne (quinzième) et la Seine-et-Marne (vingtième), sans qu’aucun ne fasse sa place dans le top 10, dominé par Munich, Barcelone et Zurich.

Les brevets d'impression 3D en EuropeOEB
Les brevets d'impression 3D en Europe Les brevets d'impression 3D en Europe

Des brevets et des applications très divers

Au-delà des classements et des dynamiques, le rapport se penche sur le contenu des brevets. Entre 2000 et 2018, les demandes de dépôts de brevets ont concerné pour l’essentiel de nouvelles applications industrielles (50 %), mais aussi les machines et procédés (38 %), l’innovation dans les matériaux (26 %) et les technologies numériques (11 %). Les grands groupes représentent deux tiers des demandes de brevets, suivis par les entreprises comprises entre 15 et 1000 salariés (20%).

Du point de vue des applications enfin, l'OEB note que les brevets sont d’abord déposés dans les domaines de la santé, de l’énergie et des transports. L’outillage industriel, l'électronique, la construction et les biens de consommation ainsi que le secteur de l'alimentation connaissent également des dynamiques de croissance, augurant d'une irruption progressive de l'impression 3D dans l'ensemble des secteurs de l'industrie.  

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