Au sein des armées, la lutte contre les drones s'intensifie. Moins de deux mois après avoir conclu un contrat avec le consortium formé par Thales et CS Group afin d'acquérir plusieurs dizaines de systèmes en mesure de mettre ces appareils hors d'état de nuire, la Direction générale de l'armement (DGA) se tourne désormais vers un autre partenaire : Cilas. Dans un communiqué publié le 15 juin, elle indique lui avoir attribué le marché L2AD, qui prévoit notamment l’achat d’un prototype opérationnel de système laser capable d’identifier, poursuivre et neutraliser des micro-drones (de 100g à 25kg).
Armes à énergie dirigée
Installée à Orléans (Loiret), la PME a justement développé ce type de solution. Son système Helma-P, qui dispose d'une puissance de deux kilowatts, peut détecter un appareil à trois kilomètres de distance et le neutraliser à moins d’un kilomètre, même lorsque sa vitesse dépasse les 50 km/h. Le laser, qui envoie en réalité un point de chaleur, peut également se contenter d'éblouir le drone, en saturant ses capteurs optiques. Une technologie que compte utiliser le ministère des Armées « afin notamment de renforcer la protection des sites militaires sensibles et des opérateurs d’importance vitale », précise le communiqué.
Cette commande n'est pas une surprise. Cela fait déjà plusieurs années que cette pépite de presque 300 employés bénéficie de contrats de recherche et technologie de la part des armées afin de réaliser les premières briques technologiques de ces armes du futur, à énergie dirigée. Cilas avait d'ailleurs pu tester Helma-P dans le centre d’expertise de la DGA, à Biscarrosse (Landes), entre 2020 et 2021. Ces essais ont affiché un « taux de réussite de 100% », rappelle le ministère.
Un prototype pour les JO 2024
D'un montant maximal de dix millions d'euros, ce contrat s'inscrit dans un programme plus vaste de lutte anti-drones, pour lequel les armées prévoient d'investir 300 millions d'euros sur dix ans. Parmi les objectifs directs de L2AD figurent notamment le déploiement d'un prototype lors des Jeux olympiques et paralympiques 2024, l'installation d'un démonstrateur sur véhicule, et l’étude de l’adaptation du système sur une plateforme navale, avec des premiers tests de faisabilité en mer prévus cette année.
La DGA n'est d'ailleurs pas la seule à s'intéresser de très près à Cilas. Mi-décembre, le motoriste aéronautique Safran associé au fabricant de missiles européen MBDA sont entrés en négociations exclusives pour reprendre la participation de 63% dans la PME détenue par ArianeGroup. Cette opération se ferait au détriment du spécialiste des technologies laser Lumibird, qui avait déjà acquis les 37% du capital restants que possédait Areva et visait un rachat complet.



