«Notre technologie de détection, basée sur une encre chargée en nanoparticules, permet de rendre n’importe quelle surface, qu'elle soit rigide ou souple, plate ou courbe et n'importe quel matériau, que ce soit du métal, du plastique, du bois ou du tissu, en zone interactive intelligente. Les champs d'application sont énormes», se félicite Olivier de Tremaudan, président de Nanomade. Issue de travaux conduits au sein du LPCNO (Laboratoire de Physique et Chimie en Nano-Objet) - une unité mixte de recherche Insa Toulouse/CNRS/Université Paul Sabatier – la technologie développée par la start-up toulousaine repose sur une encre à base de nanoparticules déposée sur un film souple isolant doté d'électrodes conductrices.
Plusieurs brevets concernant à la fois le capteur et son procédé de fabrication ont été déposés. Initialement créée en 2009, Nanomade Concept a été freinée une première fois dans son développement et mise en redressement en 2015. Reprise en octobre 2019 par Olivier de Trémaudan et Jean-Claude Rassou et rebaptisée Nanomade Lab, la nouvelle start-up est en pleine accélération. «Nous sommes aujourd’hui en capacité de proposer le capteur le plus sensible au monde, avec une jauge de contrainte 60 fois plus sensible que les solutions actuellement disponibles sur le marché», insiste le chef d'entreprise. La société toulousaine compte sur sa participation au CES de Las Vegas pour accroître sa notoriété, boucler une levée de fonds et accélérer son déploiement industriel et commercial à l'international.
Premières retombées attendues dans l'auto et l'aéro
«Dans un premier temps, nous ciblons prioritairement les secteurs de l'automobile et l'aéronautique pour des applications IHM (Interface Homme/Machine)», explique Olivier de Tremaudan. Plus besoin de bouton-poussoir ou de manette. L'objectif est de modifier les postes de conduite et de pilotage en surfaces tactiles, chacune dédiée à une fonction particulière. L'électronique embarquée dans la solution permet en outre de régler le degré de sensibilité pour des fonctions plus sécurisées. Des discussions avancées sont engagées avec des industriels. La société a mis au point des kits de prototypage, en mode «plug and play», pour permettre aux équipes de R&D de ses prospects de conduire leurs propres travaux en interne. «Chez deux premiers équipementiers automobiles européens, les phases de prototypage sont terminées et nous sommes en attente des premiers contrats», précise Olivier de Tremaudan.
En parallèle, Nanomade est aussi en négociation avancée avec un fabricant de sièges d'avions. L'idée est d'enfouir sa technologie à l'intérieur de la mousse des sièges pour offrir de nouvelles expériences bien-être aux passagers de business class. La sensibilité est telle que la technologie Nanomade permet de détecter la déformation du matériau en fonction du rythme cardiaque ou respiratoire de l'utilisateur du siège. «Il devient possible d'anticiper les phases d'endormissement et de régler l'intensité lumineuse ou l'inclinaison du siège, ou à l'inverse, de signaler le réveil du passager, ou même un trop grand stress ou un malaise et d'alerter le personnel de bord», détaille Olivier de Tremaudan.
Muscler l'outil industriel dès 2023
Pour faire face à ces premiers marchés, la société s'apprête à lever 2 millions d'euros pour se doter d'un nouvel outil industriel et muscler ses équipes. Hébergée dans 250 m2 d'un hôtel d'entreprises de Toulouse Métropole, Nanomade Lab compte doubler la surface de ses installations dès 2023. «De quelques dizaines de milliers d'unités produites en 2022, principalement pour des lots de prototypage, nous allons passer à plusieurs millions dès 2023», insiste Olivier de Tremaudan.
La start-up, qui a réalisé en 2022 un chiffre d'affaires de 300 000 euros, emploie actuellement une dizaine de salariés. Les effectifs devraient être portés à 25 personnes d'ici à trois ans. Le recrutement de profils plus industriels va être lancé dès les premières semaines de 2023. L'ambition est de passer le cap des 10 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel en 2026.



