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[L’industrie c’est fou] Une boule extincteur pour éteindre les incendies en un coup de main

Jacques Pitoux, un inventeur habitué du concours Lépine, a mis au point une boule extincteur qui se lance sur un feu puis se déclenche au contact du sol grâce à la technologie brevetée «choc and start». Surnommée Block’Fire, elle doit être commercialisée dès le mois de juillet et pourrait devenir un vrai atout pour lutter contre les incendies domestiques.

Jacques Pitoux Block Fire
En France, un incendie domestique se déclenche toutes les deux minutes.

Avis aux passionnés de handball, de basket-ball ou de tout autre sport de ballon (ou de boules, comme la pétanque). Block’Fire devrait vous plaire. Cette boule de 1,3 kilo et de 15 centimètres de diamètre, lorsqu’on la lance dans le feu, diffuse du phosphate de monoammonium qui éteint un début d'’incendie. Mais que tous les autres se rassurent, la sphère n’est pas réservée qu'aux sportifs, elle est accessible à tous, et ce, sans formation !

Ce dispositif est le fruit de l’imagination débordante de l’inventeur gersois Jacques Pitoux. Avec sa société Fly Control, il avait déjà développé des drones larguant des boules extinctrices de la marque Elide Fire qui se déclenchaient au contact de flammes. «L’idée était géniale, les pompiers étaient intéressés», assure-t-il. L’invention lui avait même valu un Grand Prix au concours Lépine 2019. Mais, le mois suivant, après une journée d’essais décevante, Jacques Pitoux a décidé d’apporter des modifications à son invention. «Sur dix feux on en a éteint deux. […] On largue la boule depuis 15 mètres d’altitude et il suffit que le terrain soit légèrement en dénivelé pour qu’elle quitte le foyer sans avoir eu le temps de s’activer», décrit-il. En pleine pandémie de Covid-19, ce serial-inventeur s’est réfugié dans son atelier pour mettre au point son système désormais breveté, «choc and start». Grâce à celui-ci, les boules ne libèrent plus le produit chimique au bout de 3 à 10 secondes après le contact avec les flammes mais dès qu’elles touchent le sol. Ainsi sont nées les sphères Block'Fire.

Un dispositif sécurisé

Dans le détail, elles comportent deux capteurs de choc positionnés de façon à ce qu'elles se déclenchent, peu importe leur angle d’atterrissage. Elles contiennent également une pile connectée au système pyrotechnique et deux composants électroniques fonctionnant comme un onduleur qui interviennent si une microcoupure survient au moment de l’impact. Un thyristor permet l’ouverture ou la fermeture de l’alimentation. Enfin, «sur unextincteur traditionnel vous enlevez une goupille de sécurité, là vous retirez une languette et armez ainsi le système», avance Jacques Pitoux. «Ce n’est pas une grenade, cela ne va pas vous éclater au visage», plaisante-il. Et, en cas de largage accidentel, il n’y pas de danger selon lui puisque le pétard éclate au centre de la boule et non pas à l’extérieur, en plus d'être enveloppé par la poudre.

Sur les conseils de son partenaire, Jacques Pitoux, lauréat de quatre Grands Prix et de neuf médailles d’or au concours Lépine, a décidé de tenter pour la première fois l’aventure de l’entrepreneuriat. Il fait produire ses Block’Fire en Turquie mais devrait déplacer la production prochainement en Roumanie. Pour le moment fabriquée en Chine, la partie électronique doit quant à elle être rapatriée dans l’Hexagone. Le lancement officiel de la commercialisation de Block’Fire (au prix de 99 euros) est programmé pour le mois de juillet. Et, pour «passer de l’ombre à la lumière», l'entrepreneur, qui a passé une partie de sa carrière dans la publicité, a mis les moyens. Trois vagues publicitaires de trois semaines vont avoir lieu en 2023 et 2024 avec plus de 300 spots télévisés diffusés. L’inventeur autodidacte se fixe pour objectif de vendre 25 000 Block’Fire par campagne publicitaire. «Aujourd’hui, en France, un incendie domestique se déclenche toutes les deux minutes […] Les pompiers, que je connais bien, me disent que si on s’équipait tous d’un extincteur chez soi, leur nombre d'interventions serait diminué par deux», argue Jacques Pitoux, tout feu tout flamme.

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