S’il sera aussi tape-à-l’œil que les yachts que l’on peut apercevoir sur les ports de plaisance du sud de la France, ce bateau de 88 mètres de long disposera d'un autre avantage: il ne devrait pas dégager d’émissions de gaz à effet de serre en phase d'utilisation. Le Pegasus, qui n’en est qu’au stade de projet, serait le premier «superyacht» construit grâce à l’imprimerie 3D, alimenté à l’énergie solaire et à l’hydrogène et à l’autonomie infinie. Ainsi, l’électricité produite grâce aux panneaux solaires fixés sur une grande partie de la surface du navire servira à convertir l’eau de mer en hydrogène, qui peut être stocké pour une plus longue période. Les piles à combustible à bord le convertiront en électricité stockée à court terme dans des batteries lithium-ion.
Jozeph Forakis Les innovations prévues sur le yacht. © Jozeph Forakis
Une esthétique pensée pour se fondre dans les océans
La volonté de concevoir un yacht à faible impact sur l’environnement du designer Jozeph Forakis semble ne pas s’arrêter à son alimentation en énergie. Elle prend aussi en compte l’aspect visuel du bateau, dont la finition métallique de la coque lui permet de se fondre dans les couleurs et les mouvements de l’eau. La structure de la partie supérieure du bateau est constituée de verre photovoltaïque qui reflète quant à lui les nuages et le ciel. L’intérêt de l’impression 3D robotisée tient à une structure solide et légère qui nécessite moins d’énergie, de matériaux et d’espace qu’une construction classique... Même si aucun chiffre sur les gains attendus en matière de sobriété énergétique n'est avancé.
Strutturaleggera / Jozeph Forakis Vision de l'intérieur du navire. © Strutturaleggera / Jozeph Forakis
A l’intérieur, les convives découvriront un design épuré et futuriste dominé par une structure végétale qui s’étendra sur quatre niveaux et sera entouré d’un escalier en spirale. Ce jardin hydroponique (un système de culture sans terre) permettra de faire pousser des fruits et légumes frais et de purifier l’air. A l’étage supérieur, se trouveront une spacieuse suite et sa terrasse privée. Une piscine aux parois transparentes située à l’avant du yacht fera le bonheur des propriétaires. Refermée, elle servira de plateforme d’atterrissage pour les hélicoptères... De quoi balayer d'un revers de main la promesse «zéro émission» du projet.
Si l’on ne connaît pas son prix, ce yacht ne sera certainement accessible qu’à une infime partie de la population. A défaut de changer leurs habitudes, les innovations qu'embarque ce navire auront tout de même peut-être le mérite de réduire un (petit) peu l'empreinte carbone colossale des plus grandes fortunes de ce monde. Dans une étude publiée fin janvier, le World inequality lab rappelle que les 10% les plus riches ont représenté en 2019 près de 48% des émissions mondiales de CO2. La catégorie des 1% les plus riches totalise à elle seule près de 17% des rejets de carbone à travers la planète. Loin, très loin devant les 50% les plus pauvres, qui ne représentent que 12% des émissions mondiales.




