L'aide d'Etat au constructeur automobile Renault a été approuvée par la Commission européenne le 29 avril. Sous forme d'un prêt garanti d'un montant de 5 milliards d'euros, cette aide doit servir de filet de sécurité au groupe français dont les ventes se sont effondrées en mars à cause de mesures de confinement.
Il y a quelques jours, le groupe au losange annonçait avoir sollicité le ministère de l'Economie à ce sujet en même temps qu'il déclarait une chute importante de son chiffre d'affaire et de ses liquidités pour le premier trimestre. Déjà en difficulté avant la pandémie, Renault, dont l'Etat détient 15% du capital, a annoncé une baisse de son chiffre d’affaires de 19,2 % sur le premier trimestre, à 10,12 milliards d’euros (-18,3 %, à taux de change et périmètre constants). Entre décembre 2019 et mars 2020, ses réserves de liquidité pour son cœur d'activité ont fondu de 5,5 milliards d’euros pour atteindre 10,3 milliards d’euros, dont 3,5 milliards de lignes de crédit non tirées.

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“Il y a une très bonne raison d’essayer d’obtenir une partie de cette facilité de crédit”, avait déclaré Clotilde Delbos, directrice générale par intérim du groupe, au cours d’une téléconférence avec des analystes financiers le 23 avril. "Cela prend du temps. [...] J'ai confiance dans le fait que cela puisse être mis en place avant nos annonces du mois de mai', avait-t-elle poursuivi. Le lendemain, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, avait annoncé qu'un tel prêt était à l'étude.
Un filet de sécurité de 5 milliards d'euros
Si le constructeur automobile estime que ses réserves de liquidités restent amplement suffisantes pour faire face à une consommation de trésorerie de 600 millions d’euros par mois liée à la fermeture de ses usines et de ses concessions à travers le monde, il annonçait dans le même temps qu'il serait imprudent de ne pas solliciter cette aide de l'Etat.
Clotilde Delbos a précisé que ce “filet de sécurité” ne prévoyait aucune autre condition que la suppression du dividende, ce que Renault a déjà annoncé, et qu’il n’était aucunement lié aux deux milliards d’euros d’économies que le groupe doit présenter sur la deuxième moitié de mai pour tenter de redresser la barre après une année 2019 noire.
Renault prépare toujours un important plan d'économies
Outre le recours au chômage partiel, Renault prévoit toujours ce plan, qui pourrait aboutir à la fermeture d'usines en France et qui avait été annoncé avant même le début de la crise sanitaire en Europe. La directrice générale du groupe a toutefois refusé de donner plus de détails sur ce plan d'économies pour l'instant.
En parallèle, le constructeur automobile a entamé le redémarrage de ses usines en France. “Nous allons redémarrer lentement parce que nos employés ont besoin de s’habituer aux mesures sanitaires. Nous ne voulons pas non plus redémarrer trop vite avant de voir comment la demande va évoluer”, a expliqué Clotilde Delbos.
Dans ces conditions exceptionnelles, le groupe Renault a suspendu ses objectifs pour 2020. “À ce jour, l’impact qu’aura cette pandémie sur les résultats du groupe est toujours impossible à évaluer”, indique l’entreprise qui reste confiante sur sa solvabilité.
L'effondrement du marché français
Au mois de mars, la marque au losange enregistrait une baisse de 64,7% de ses ventes par rapport au mois de mars 2019, consécutive à un effondrement du marché automobile français de 72,2%. Au premier trimestre 2020, la part de l’Europe dans les ventes est retombée à moins de 48%, contre près de 52% en 2019, pour le plus international des deux constructeurs automobiles français.
Une donnée symbolise ce décrochage historique : de façon inédite, les ventes réalisées en Russie (115 713 unités) dépassent les volumes écoulés en France (110 467) au premier trimestre. La forte baisse du marché européen, et le confinement plus tardif observé en Russie expliquent ce phénomène.



