Ion-X fabriquera en série ses moteurs pour minisatellites à partir de 2025 en Ile-de-France

Ion-X va investir 6 millions d’euros afin de construire au sud de l’Ile-de-France son usine de propulseurs ioniques pour les petits satellites. Elle devrait entrer en service en 2025.

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ION-X moteurs pour minisatellites
Ion-X ambitionne de produire chaque année plusieurs centaines de moteurs d'ici 2029.

Lauréate de l’appel à projets «Première usine», la start-up Ion-X ambitionne d’industrialiser d’ici fin 2025 sa technologie innovante de propulsion ionique pour minisatellites. L’entreprise, aujourd’hui hébergée dans les locaux du centre des nanosciences et de nanotechnologies du CNRS (C2N) à Palaiseau (Essonne), n’a pas arrêté son choix quant à l’implantation de son site de production. Il se situera, toutefois, au sud de l’Ile-de-France afin de rester proche du C2N assure, en substance, Thomas Hiriart, président de la société. «Nous aimerions signer un bail avant la fin de l’année pour pouvoir effectuer les travaux et prévoir une installation d’une partie de l’équipe dans la première moitié de 2025, puis disposer des premières lignes de fabrication dans la seconde moitié de cette même année», détaille Thomas Hiriart.

Ion-X cible le segment des satellites de 10 à 150 kg

Ion-X va investir 6 millions d’euros dans ce projet qui doit lui permettre, d’ici à cinq ans, de produire chaque année plusieurs centaines de moteurs. Un objectif de 200 propulseurs par an paraît réaliste à l’entreprise, au moins dans un premier temps. Celle-ci voit en effet plus grand, car le marché des satellites de 10 à 150 kg, auquel sont destinés ses produits, est porteur. L’effectif est aujourd’hui composé d’une quinzaine de collaborateurs, presque tous affectés à la R&D et au bureau d’études afin de finaliser le moteur et de préparer l’industrialisation. Il devrait grimper à cinquante salariés d’ici quatre à cinq ans.

Ion-X exploite une technologie développée par Jacques Giérak au sein du C2N. Elle repose sur une solution ionique utilisée comme carburant et sur une dalle propulsive de quelques centimètres carrés de surface constituée de dizaines de milliers de pointes à l’échelle nanométrique. L’application d’un champ électrique très intense permet d’arracher de ces pointes les particules chargées électriquement du liquide ionique. Ce faisceau d’ions partant à plusieurs centaines de kilomètres par heure génère la propulsion.

«L’usine permettra d’assembler le moteur, lequel tient dans un cube d’une dizaine de centimètres carrés de côté. Au sommet se trouve la partie émissive avec les nanopointes et qui est la seule exposée au vide spatial. En dessous se situe le réservoir pour le liquide ionique et, en bas, l’électronique du propulseur remplissant deux fonctions : communiquer avec l’ordinateur de bord du satellite et fournir le champ électrique jusqu’en haut des pointes pour arracher les ions», détaille Thomas Hiriart.

Ion-X veut équiper ses futurs locaux afin de disposer d’une salle blanche, de bureaux mais également d’un espace pour installer les chambres à vide utilisées pour tester les moteurs. Elle prévoit, par ailleurs, d’y héberger plusieurs laboratoires (mécanique, chimie, électronique).

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