L’impression 3D métal concurrencera-t-elle les procédés traditionnels dans la production en série ? Bien que les technologies de fusion laser sur lit de poudre (SLM) aient trouvé leur place dans les usines, elles ont encore des coûts et des temps de production élevés. « L’impression 3D métal sera plus largement adoptée par les industriels lorsqu’une technologie permettra des économies d’échelle », estime Pauline Le Borgne, la responsable de la plateforme Additive Factory Hub.
Des taux de dépôt élevés
Le metal binder jetting (MBJ), apparu il y a un peu plus de sept ans, séduit de plus en plus les industriels. Son atout : un processus proche de l’impression classique. Les imprimantes MBJ sont constituées d’une tête d’impression équipée de nombreuses buses. Elles déposent sur un lit de poudre métallique des gouttelettes de liant organique. Celui-ci agglomère sélectivement les particules de métal. Après un premier passage, une nouvelle couche de poudre est déposée et une pièce dite « à vert » est créée couche après couche. Elle est ensuite dépoussiérée, puis passée dans un four de frittage – un cycle thermique proche du point de fusion du matériau, en atmosphère contrôlée – pour la solidifier.
Ce procédé ne nécessite aucun support et permet d’imprimer dans l’intégralité de la chambre d’impression. « Le metal binder jetting atteint des taux de dépôt de matière de près de 600 cm3/h, contre 15 cm3/h pour une SLM monolaser sur lit de poudre, explique Benoît Verquin, expert en fabrication additive au Centre technique des industries mécaniques (Cetim). Cette technologie réduit de moitié le coût de production des pièces par rapport à la SLM. » De quoi inciter les industriels jusqu’ici frileux à sauter le pas. « Ce procédé est regardé de près par le secteur automobile, assure Benoît Verquin. Par ailleurs, de nombreux constructeurs d’imprimantes se sont développés sur le marché, comme Desktop Metal, ExOne et HP, et la technologie évolue rapidement. »
Famille de procédés Jet de liant
TRL 6-8
Forces Taux de dépôt élevé, optimisation de l’espace d’impression, bon aspect de surface
Faiblesses Processus en deux étapes, retrait de 20 % de la pièce après frittage



