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Grâce à l'impression 3D, la start-up MB Therapeutics créé des médicaments sur-mesure

Fondée en 2023 à Montpellier (Hérault) par un ancien ingénieur de Sanofi et un pharmacien hospitalier, la start-up MB Therapeutics mise sur la fabrication additive pour créer des médicaments sur-mesure. En pleine levée de fonds, elle ambitionne de déployer son imprimante 3D pharmaceutique au sein de 10 établissements d’ici 2025.

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L'imprimante de MB Therapeutics
L'imprimante MED-U Modular de MB Therapeutics.

Créer des médicaments personnalisés sur-mesure, grâce à l’impression 3D. C’est l’ambition de la start-up MB Therapeutics, fondée à Montpellier (Hérault) par Stéphane Roulon, ancien de Sanofi, et Ian Soulairol, maître de conférences à la faculté de pharmacie de Montpellier et praticien au centre hospitalier universitaire (CHU) de Nîmes.

«La solution développée par MB Therapeutics est née d'un constat commun qui est que souvent, les enfants de moins de dix ans se voient proposer des médicaments inadaptés, comme des gélules ou des comprimés qui présentent des risques de “fausses routes” et d’étouffement. Quant aux suspensions liquides, elles peuvent contenir des excipients à effets notoires contre-indiqués pour certaines tranches d'âge», rappelle Stéphane Roulon, PDG de la start-up. Avec parfois des goûts qui peuvent rebuter les plus jeunes.

Adapter les doses à la morphologie et au poids

Crée en 2023, MB Therapeutics est le résultat d’un travail de recherche de neuf ans, initié par Stéphane Roulon lorsqu’il dirigeait le laboratoire d’impression 3D de la multinationale pharmaceutique française. «Sanofi a commencé à étudier il y a une dizaine d’années l’impression 3D, qui permet de personnaliser les dosages et les formes, tout en produisant des médicaments de qualité industrielle», explique l’ingénieur. A la clé, des médicaments à l’aspect gélifié qui peuvent être mâchés comme des bonbons ou dispersés dans un petit volume d’eau. Leur aspect de haricot fluo a donné son nom à l’entreprise, les initiales “MB” correspondants à “Magic Beans” (haricots magiques). 

L'intérêt de ces médicaments imprimés, selon la start-up : améliorer l’observance (soit le respect des prescriptions) en adaptant les doses à la morphologie et au poids, évolutifs, des enfants et en personnalisant les goûts. Actuellement, ces préparations sont réalisées manuellement par les pharmaciens hospitaliers ou dans les officines préparatoires. Automatiser ce processus permettrait, selon le cofondateur de MB Therapeutics, un gain de temps certain, mais aussi la réduction des ruptures de stock et de gaspillage de médicaments, grâce à la production de volumes adaptés. 

Un marché à 15 milliards de dollars

La MED-U Modular est aujourd’hui testée au CHU de Nîmes (Gard), et MB Therapeutics, qui compte actuellement cinq employés à temps plein, est en discussion avec une dizaine d’autres établissements pour y déployer son imprimante d’ici à 2025. En vue de cet objectif, la pépite tricolore espère clôturer une première levée de fonds mi-septembre et compte recruter dix nouveaux salariés. Avant de mettre sur le marché, à l’horizon 2026, des solutions comprenant l’imprimante et les encres pour la fabrication de trois premières molécules, destinées notamment aux enfants souffrant de pathologies cardiaques. Des encres aujourd’hui codéveloppées avec le CHU de Nîmes.«Notre solution “clé en main” coûtera aux alentours de 40000 euros. Elle permettra une réduction des coûts comprise entre 20 et 80% en fonction des molécules, liée notamment à un gain de temps important», assure Stéphane Roulon.

En ligne de mire, un marché en progression depuis plusieurs années qui atteint aujourd’hui plus de trois milliards de dollars en Europe et 15 milliards à l’échelle mondiale, avec une croissance annuelle de 7 % anticipée d'ici à 2032. Mais sur lequel la startup est loin d’être la seule, les imprimantes de l’anglaise FabRx ayant notamment pris place dans la pharmacie de l'Institut de lutte contre le cancer Gustave-Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne), mais aussi à l'hôpital Vall d'Hebron de Barcelone et à celui de Leyde aux Pays-Bas.

Mais assure Stéphane Roulon, «nous sommes les seuls dans le monde à disposer d'une imprimante 3D de qualité industrielle conforme aux normes pharmaceutiques et à fournir des solutions clés en main». Avec, à l’avenir, un marché qui pourrait s’étendre aux personnes âgées, à celles intolérantes à certains excipients ou encore aux traitements en cancérologie. Autrement dit, partout où il y a un besoin de personnalisation.

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