Etude

Gare à l'omniprésence des géants du numérique sur la chaîne de valeur de l’IA générative, alerte France Digitale

France Digitale publie jeudi 4 avril un rapport analysant l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle (IA) générative : des puces aux applications, en passant par l’infrastructure et les modèles de fondation. L’association relève des points de vigilance pour éviter que des géants du numérique prennent le contrôle du marché.

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ChatGPT OpenAI
Depuis que le grand public s'est saisi de ChatGPT, tout le monde (ou presque) a entendu parler de l'IA générative.

Amazon, Google et Microsoft sont présents à différents niveaux de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle (IA) générative. Une position qui leur confère un avantage stratégique considérable. Pour savoir si l’Europe peut être souveraine en matière d’IA générative, France Digitale décrypte toute la chaîne de valeur – des puces aux applications, en passant par l’infrastructure et les modèles de fondation – dans un rapport rendu le jeudi 4 avril. L’association des start-up du numérique alerte sur des risques concurrentiels de verrouillage du marché par certains acteurs.

Un accès primordial à la puissance de calcul

«Des acteurs sont dominants car ils maîtrisent certaines briques, comme Nvidia avec ses puces, détaille Marianne Tordeux, directrice affaires publiques chez France Digitale et autrice du rapport. D’autres sont dominants car ils sont présents sur l’ensemble de la chaîne.» En cause ? Les hyperscalers. Ces entreprises qui ont la main sur l’infrastructure, soit les ressources matérielles et logicielles nécessaires pour créer, entraîner et exécuter les modèles d’IA. Ce sont les géants du cloud : Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure et Google Cloud Platform. Une domination qui s’accentue parce qu’ils centralisent et distribuent sur leurs plateformes cloud ces nouveaux outils que sont les LLM en recensant tout un panel de solutions.

Les acteurs développant des grands modèles de langage comme OpenAI, Anthropic ou encore Mistral AI ont logiquement noué des contrats avec ces fournisseurs de cloud. Des partenariats essentiels en termes de financements, d’accès aux données ou à la puissance de calcul. Microsoft a ainsi investi des sommes importantes dans OpenAI ou Mistral AI, et Amazon dans Anthropic. Via ces partenariats, les start-up accèdent aussi aux canaux de distribution de ces géants du numérique qui proposent déjà leurs services à des milliers d’entreprises à travers le monde. Une aubaine pour ces jeunes pousses. «Il faut s’assurer qu’il n’y a pas d’exclusivité [dans ces contrats, ndlr]», s’exclame Marianne Tordeux. Cela signifie que les start-up puissent nouer des partenariats avec d’autres acteurs et que toutes les jeunes pousses ont la même chance d’être présentes sur les plateformes cloud.

Il ne faut pas non plus que les hyperscalers privilégient leurs propres solutions. «Le DMA [digital markets act ou règlement sur les marchés numériques] peut être utilisé à cette fin sur d’autres services numériques que ceux fixés aujourd’hui, comme l’IA générative», glisse Marianne Tordeux. Sur un autre sujet, Google en fait aujourd’hui les frais : lorsqu’un lieu est recherché sur son moteur de recherche, il n’est plus possible de cliquer sur la carte qui s’affiche pour être redirigé directement vers Maps.

Une multitude d'acteurs sur la partie applicative

A noter que le marché des modèles de fondation est assez resserré avec quelques noms qui se détachent comme OpenAI et Anthropic pour les États-Unis, Mistral AI et Aleph Alpha pour l’Europe. Sur cette brique technologique, les modèles spécialisés semblent séduire un nombre croissant d’entreprises. Plus petits et moins énergivores qu’un LLM généraliste contenant des milliards de paramètres, de tels modèles font sens alors que l’environnement est très prégnant dans les débats publics.

Au-delà des LLM, la façon la plus simple de se lancer sur ce marché reste via les applications. Les start-up en sont conscientes. En France, le nombre de jeunes pousses proposant des applications d’IA générative est passé de 86 en janvier 2023 à plus de 135 en janvier 2024, souligne le rapport. Ces acteurs peuvent développer leurs propres modèles d’IA, utiliser des modèles pré-entrainés développés par des tiers ou combiner les deux. Encore une fois, les hyperscalers proposent de nombreux outils pour mettre au point ces applications… Ainsi que des applications en concurrence directe avec ces start-up.

«Sur la partie applicative, la valeur est plus simple à identifier puisque cela répond à un besoin des entreprises et le retour sur investissement est plus rapide», salue Marianne Tordeux. Ces start-up peuvent séduire facilement les investisseurs. En particulier sur des applications très spécialisées. «Cela semble difficile d’essayer de concurrencer un outil générique comme l’assistant Copilot de Microsoft», ajoute Agata Hidalgo, responsables des affaires publiques chez France Digitale et autrice du rapport. Les start-up peuvent apporter une expertise pour des secteurs avec un vocabulaire précis et des besoins comme dans la finance, la banque et l’assurance. Parviendront-t-elles à s'imposer ? La course est lancée.

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