Face à l'épidémie, les robots à la rescousse

Si les soignants humains sont en première ligne face à l’épidémie de Covid-19, ils peuvent parfois compter sur l’aide de compagnons robotiques insensibles au virus. Mais si les initiatives se multiplient, elles restent le plus souvent au stade de prototypes. Panorama. 

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Un robot de la société XA désinfecte les rues pour prévenir le coronavirus
Un robot de la société XA désinfecte les rues pour éliminer le sars-cov-2

Des drones qui pulvérisent les rues, des robots qui stérilisent les chambres des patients tandis que d'autres, à l'aspect plus agréable, les accueillent et livrent leurs médicaments. Face à l'épidémie de Covid-19, les assistants robotiques veulent s'illustrer. Capables de se déplacer en autonomie, de réaliser différents actes pour aider ou surveiller les patients infectés, et surtout immunisés au virus, ils sont mobilisés dans de nombreux contextes, notamment en Asie. Tour d’horizon.

Des drones pour prévenir et surveiller les populations

Le plus simple, mais pas le moins polémique. De nombreux pays ont utilisé des drones équipés de caméras et de hauts parleurs afin d’informer la population ou de surveiller le bon respect des mesures de distanciation sociale. Comme le relate Bloomberg, l'entreprise Shenzhen Smart Drone fournit par exemple des drones autonomes afin d'aider les forces de police chinoises à repérer les rassemblements de personnes ainsi qu'à diffuser des informations sur la situation sanitaire.  

Malgré les critiques, cette technologie, que l’on a pu aussi voir apparaître en Espagne a désormais trouvé sa place dans l’Hexagone. A Nice, un aéronef sans pilote parcourt depuis jeudi les grandes avenues de la ville afin de diffuser des consignes de sécurité pré-enregistrées, rapporte le quotidien Nice Matin.  

Certains drones dédiés à la livraison aérienne ont aussi pris pour prétexte l’épidémie pour faire la démonstration de leurs capacités. En Chine, l’entreprise spécialiste des drones industriels Terra Drone a par exemple été mobilisée pour transporter des médicaments et des échantillons entre un hôpital et un centre de test de la ville de Xinchang. 

Décontaminer les rues et les salles

Autre usage : la décontamination des zones infectées. Dès février, la Chine a par exemple détourné de leur fonction des drones et des robots de pulvérisation agricole de l’entreprise XAG afin de désinfecter certaines zones à risque en pulvérisant des produits antimicrobiens. Fin février, près de 2600 drones agricoles avaient ainsi été mobilisés dans des opérations de désinfection dans toutes les provinces du pays.

Rien de tel en France pour l’instant, mais la robotique tricolore se mobilise. Le 16 mars dernier, la start-up Shark Robotics, basée à La Rochelle, annonçait ainsi un prototype du robot Rhyno, capable de pulvériser jusqu’à 20 000 mètres carrés en 3 heures afin “d’éloigner l’homme du risque”.

Enfin, certains robots ne pulvérisent pas de produits chimiques mais font appel au rayonnement ultraviolet pour désinfecter des salles, l'afflux d'énergie détruisant les micro-organismes pathogènes. C'est la stratégie du robot UVD, qui est développé depuis 2019 par la société danoise Blue Ocean Robotics pour lutter contre la transmission de maladies nosocomiales. Expédiés en Chine, ces robots devraient équiper à terme quelques 2000 hôpitaux selon IEEE spectrum.

Évoluer dans les hôpitaux et Interagir avec les malades

C’est à Wuhan, en plein épicentre de l’épidémie, que les solutions robotiques dans les hôpitaux sont les plus avancées pour faire face au virus sars-cov-2. Dans un centre sportif de la ville, un hôpital construit autour de la robotique et adoubé Smart Field Hospital a été érigé. Comme le rapporte CNCB, les robots opérés parChina Mobile et Cloudmind y livrent nourriture et médicaments, divertissent les patients et désinfectent les chambres sans assistance humaine. Les patients et les personnels soignants portent quant à eux des bracelets connectés afin de suivre leurs signes vitaux et de détecter tout signe d’infection. 

En Thaïlande, des robots développés par l’université de Chulalongkorn à Bangkok pour prendre en charge des malades ayant subi un accident vasculaire cérébral sont désormais mobilisés dans la lutte contre la pandémie. Déambulant au sein des couloirs de plusieurs hôpitaux, ils peuvent surveiller la température des patients et l’évolution de leurs symptômes, faciliter la visioconférence entre les malades et le personnel hospitalier et même bientôt désinfecter les chambres. Même tableau dans le centre médical de Séoul, où des robots prennent la température des patients et transportent des objets entre les salles. 

Dans l'Hexagone, certains constructeurs se mobilisent. "Nous avons proposé de mettre les robots humanoïdes que nous avons en stock à disposition des hôpitaux, pour gérer une partie de l'accueil, aiguiller, apprendre les gestes barrières et aider à mettre le personnel un peu plus à distance des personnes qui font la queue", expose Nicolas Halftermeyer, directeur de la communication chez Soft Banks Robotics.

Mais si l'entreprise veut pouvoir aider face à la crise, elle reconnaît que cette fois, les robots demeureront marginaux. "Aujourd'hui on sera plutôt dans l'expérimentation et l'aide ponctuelle que sur une réponse réelle", admet Nicolas Halftermeyer. En cause : le temps de production, de déploiement et d'adoption des robots. Le Covid-19 restera une affaire d'humains.  

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