Dans ce vaste atelier dédié à la transformation de papier en carton, puis en emballages, les engins de manutention ont quasiment disparu. Depuis 2019, l’usine DS Smith située à Saint-Jean-de-Bournay (Isère) est devenue 4.0. Avec l’installation du nouveau Work in progress (WIP), la zone située entre la production et la transformation, les opérations sont fluides. Fini les embouteillages à la moindre maintenance. « Il y a quatre ans, nous étions au bord de l’asphyxie », explique Yann Quesnel, l’ancien directeur du site qui fournit en conditionnements l’industrie, notamment agroalimentaire, et l’e-commerce. « L’onduleuse était sous-capacitaire et le stock d’encours sous-dimensionné, explique le responsable devenu consultant. La transformation se retrouvait à l’arrêt faute de matière. » Pour pallier cette gestion des flux inadaptée et le manque de stockage, l’usine devait s’approvisionner pour partie en plaques de carton à l’extérieur.
Pascal Guittet Plaques de carton ondulé. © Pascal Guittet
La modernisation impulsée par la direction en 2017 vise à retrouver des marges. Le site, dont la capacité de production en carton ondulé est de 65 000 tonnes par an, doit répondre à la demande croissante de l’e-commerce, renforcée par l’arrivée du leader américain du secteur. Avec « trois entrepôts dans un rayon de 200 kilomètres, nous avons dû produire du jour au lendemain pour ce nouveau client alors que nous étions déjà saturés », se souvient Yann Quesnel.
La machine reçoit les commandes, puis gère sa production : qualité, quantité et traçabilité.
— François Rioult, directeur des opérations
DS Smith a investi près de 15 millions d’euros. L’onduleuse, qui transforme des bobines de papier recyclé en plaques de carton ondulé, est connectée à l’ERP (le système de gestion de l’usine). « La machine reçoit les commandes, puis gère sa production : qualité, quantité et traçabilité », indique François Rioult, le directeur des opérations. Elle intervient aussi dans l’intralogistique. Communiquant avec le WIP, c’est elle qui enregistre les palettes qui seront véhiculées sur les plates-formes à tapis roulant avant d’être entreposées dans le transtockeur.
Guittet Pascal L’onduleuse, qui transforme des bobines de papier recyclé en plaques de carton ondulé, est connectée à l’ERP. © Pascal Guittet
Dix minutes de la plaque à l’emballage
C’est la première installation de ce type dans la profession. Nous sommes passés d’un stock de produits semi-finis pour une fraction de la production à l’équivalent d’un jour.
— Emmanuel Alriq, directeur de l’usine
Cinq millions d’euros ont été consacrés à la création du WIP, de la technologie de convoyage autonome au transtockeur robotisé. « C’est la première installation de ce type dans la profession, indique Emmanuel Alriq, le directeur de l’usine. Nous sommes passés d’un stock de produits semi-finis pour une fraction de la production [correspondant à un tiers de journée en 3 x 8, ndlr] à l’équivalent d’un jour. »
Pascal Guittet L’intralogistique a été totalement automatisée. Empilées sur palettes, les plaques de carton sorties de l’onduleuse sont convoyées sur des plates-formes à tapis roulant jusqu’au transtockeur. © Pascal Guittet
La zone de stockage a pris de la hauteur en passant à 8 000 m3. Derrière le grillage, deux robots glissent sur des rails. L’un prend une palette qu’il dépose dans une cellule à plusieurs mètres de hauteur, tandis que l’autre exécute l’opération inverse dans l’autre allée. « Il faut deux minutes pour sortir la palette et la déposer sur le tapis, indique François Rioult. Dans une dizaine de minutes, la première plaque sera transformée en emballage. »
L’acquisition d’une plieuse-colleuse-rembordeuse (PCR) vient compléter la modernisation du cartonnier. La machine de 1 million d’euros « ouvre des perspectives dans l’e-commerce », à la recherche de produits plus élaborés, assure Frédéric Écale, le responsable du bureau d’études. À l’origine basique et servant à coller le fond des caisses en carton, la PCR semble sans limite : elle dépose des adhésifs, crée des bandes d’arrachage, ajoute une étiquette, un marquage. Autant d’opérations que le client n’aura plus à réaliser.
Pascal Guittet Dans le transtockeur, le dispositif de stockage, deux robots rangent et sortent les marchandises à grande vitesse. © Pascal Guittet
Avec son atelier preprint (impression flexographique sur le papier utilisé pour la fabrication du carton ondulé), DS Smith propose une impression en quatre couleurs plus un vernis, jusqu’à l’intérieur des emballages. Une demande croissante des marchands en ligne, pour l’effet « waouh » à l’ouverture du colis.
Un groupe international
Sites de production
- Monde 250
- France 30
Effectif
- Monde 30 000
- France 4 000
Chiffre d’affaires
- Monde 7 milliards d’euros
- France 981 millions d’euros
Source : DS Smith



