EDF veut innover avec l'IA générative... tout en protégeant ses données sensibles

L'Usine Nouvelle explore l'utilisation de l'IA générative dans l'industrie en 15 cas d'usage. EDf veut concilier innovation et protection de données sensibles.

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EDF veut encadrer l'utilisation de l'IA générative par ses équipes.

Chez EDF, l’aventure IA générative a débuté en janvier 2023, lors d’une réunion du comité social et économique. «Le sujet était sur toutes les lèvres. On s’interrogeait sur son impact, en premier lieu sur les activités du système d’information. Pourrait-on plus facilement développer ou tester des applications ?, se souvient Vincent Niebel, le directeur des systèmes d’information (DSI) d’EDF. Très vite, nous avons constaté un usage important de ChatGPT, qu’il fallait réguler. Le comité des DSI, qui se réunit tous les mois, a estimé qu’il était indispensable de lancer avec les filiales une démarche groupe, pour identifier les risques, les conditions d’usage et les potentiels.»

Les différents métiers du groupe se sont lancés dans l’identification des domaines où l’IA générative leur permettrait d’être plus efficaces. Huit familles d’usages ont été recensées, dont quatre principales : recherche documentaire, développement d’applicatifs et de tests, assistance personnelle et agents conversationnels. Une quinzaine d’expérimentations, dont le sujet reste confidentiel, ont été lancées sous forme de preuves de concept (POC). Mais il est rapidement apparu qu’il n’était pas question de laisser les salariés jouer librement avec les modèles d’intelligence artificielle générative publics, le risque de fuite d’informations confidentielles, comme cela est arrivé à Samsung, étant trop élevé. «Les services ouverts, libres d’accès sur internet, ne peuvent pas être utilisés avec les données de l’entreprise», explique le DSI d’EDF.

Conscient du problème, Microsoft a développé Copilot, un équivalent à ChatGPT en environnement privé. Avant de l’adopter, EDF utilise une version provisoire, dite web, afin de réaliser des synthèses de réunion, par exemple. «Copilot Web reste dans un environnement sécurisé et bénéficie d’un entraînement de Microsoft avec des données sourcées et plus récentes que celles de ChatGPT», précise Vincent Niebel. Pour tester le potentiel de l’IA générative sur des applications métiers tout en protégeant ses données, EDF utilise notamment de grands modèles de langage open source. «Nous pouvons installer ces dispositifs sur nos infrastructures. Comme il n’est pas nécessaire de les entraîner, ils ne requièrent pas une puissance de calcul trop importante.» Plusieurs dizaines de personnes au sein du groupe participent aux projets pilotes, «qui permettent d’acquérir de la compétence, notamment pour maîtriser la qualité des réponses, ces outils pouvant générer statistiquement des réponses fausses, appelées hallucinations», rappelle le DSI.

Ce dernier prévoit d’être en mesure d’établir le socle d’industrialisation des services d’IA générative cet été. Il définira avec quel langage EDF sera prêt à travailler et quelles infrastructures seront nécessaires pour pouvoir déployer des applications en interne. 

Couv 3721

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3731 - Juin 2024

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