Chaque année, 104 des 130 millions de paires de collants vendues finissent à la poubelle après avoir été portées en moyenne trois à six fois. « C’est un symbole de la fast fashion, dont l’enfouissement génère une contamination des sols due à 86 % au nylon », souligne Agathe Rouzaud, la directrice des opérations de recherche d’Écollant. Cette start-up auxerroise (Yonne), née en 2019, compte cinq salariés.
Son ambition : recycler les vêtements composés de nylon, en commençant par les collants. Une étape qui demandait de réussir à séparer le nylon (ou polyamide) de l’élasthanne. « On sait recycler du polyamide, mais pas quand il est mélangé à d’autres matières. Nous avons donc cherché sur une paillasse de laboratoire », explique la biologiste. Écollant a développé un procédé, en cours de dépôt de brevet, pour séparer les deux matériaux à l’échelle moléculaire. Le nylon, transformé en granulés puis fondu, ressort ensuite en fil continu pour former une nouvelle bobine recyclée, d’un même niveau de qualité que celle du marché.
Les 12 tonnes de collants récoltés en 2023 viennent principalement de partenariats, motivés par la RSE, avec l’Urssaf, la SNCF, des hôtels de luxe, le producteur CSP derrière la marque Well... Un gisement qui s’élargit au grand public avec le groupe Printemps, qui collecte les collants usagés des salariées et clientes. En parallèle, Écollant travaille à l’optimisation industrielle du procédé pour changer d’échelle. Il espère clôturer sa première levée de fonds d’ici à l’été, avec l’ambition de créer une unité pilote pour produire plusieurs centaines de kilos de nylon par an. Avant la création d’une usine visée pour 2028.
Les challengers
Les challengers
• Samsara Eco La start-up australienne a développé une technologie par voie enzymatique pour extraire le nylon des textiles et fabriquer du nylon recyclé 6,6 fois. La marque de sport Lululemon y a eu recours pour concevoir un échantillon de tissu et une première série de produits.
• TerraCycle L’entreprise américaine développe des solutions innovantes pour le recyclage des déchets non traités par les filières traditionnelles. Avec elle, Dim a lancé en 2020 un programme de recyclage de collants usagés. Ces derniers sont effilochés puis extrudés en granules de plastique, ensuite fondus pour être transformés en nouveaux objets.
• Recyc’Elit Fondée en 2019, la pépite française assure le recyclage du polyester présent dans les collants grâce à un procédé chimique qui s’appuie sur la méthanolyse.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3731 - Juin 2024



