Pas à pas, Airbus s’approche du but. L’avionneur européen a en effet dévoilé mardi 20 juin, à l’occasion du salon aéronautique du Bourget (du 19 au 25 juin), des avancées présentées comme décisives dans la mise au point de son futur avion à hydrogène. «Avec le travail que nous avons déjà accompli, je suis très confiant dans le fait de parvenir à mettre cet avion en service en 2035», s’enthousiasme Glenn Llewellyn, responsable du programme d’avion à hydrogène ZEROe, lancé en 2020.
Etape importante tout juste franchie : les équipes d’Airbus sont parvenues à faire fonctionner au sol une pile à combustible d’une puissance de 1,2 MW, dans le centre d’essai d'Ottobrunn, près de Munich. Un équipement – expérimental et encore très volumineux – qui avait été montré à la presse en décembre 2022, lorsque Airbus avait pour la première fois expliqué la possibilité d’utiliser un tel système, capable de transformer l’hydrogène en énergie électrique. L’autre option pour Airbus étant, pour rappel, de brûler directement l’hydrogène dans des turbines.
Une pile à combustible de 1,2 MW
«C’est la pile à combustible la plus puissante jamais mise au point pour l’aéronautique», précise Sabine Klauke, directrice de l’aviation d’Airbus. Un niveau de puissance qui permet d’envisager sérieusement cette option technologique pour Airbus. Avec 6 piles à combustibles de 1,2 MW, associées à autant de moteurs électriques, l’industriel sait qu’il est en mesure de développer un appareil à hydrogène d’une centaine de places. Reste encore à effectuer l’intégration de cet équipement puis à effectuer des tests en vol, lesquels pourraient avoir lieu d’ici la fin de la décennie.
Autre jalon dans le viseur : s’assurer que la pile à combustible peut aussi servir à fournir l’énergie non propulsive de l’appareil, autrement dit l’électricité nécessaire à l’allumage des moteurs et aux différents besoins de la cabine. Une fonction dévolue au groupe auxiliaire de puissance (APU) et représentant environ 5% des besoins en énergie des avions commerciaux. «Nous allons tester un système comprenant une pile à combustible générant de l'énergie à bord de l'avion, avec une puissance sans précédent de 300 kW», détaille Michael Augello, le PDG Airbus UpNext, la tête chercheuse du groupe en matière de technologies de rupture.

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Les tests avec une APU reliée à une pile à combustible seront réalisés en Espagne, d’abord au sol en 2024 puis en vol dans un A330 d’ici la fin de l’année 2025. «Le défi consiste à intégrer tous les différents éléments pour obtenir l'autorisation de vol de cet A330 expérimental et soutenir ainsi la certification des systèmes à hydrogène pour l'aviation, soutien Michael Augello. L’objectif est de démontrer que ce système peut être opérationnel en altitude.» Airbus prévoit de faire voler l’appareil une heure durant avec 10 kilos d’hydrogène gazeux, à près de 8000 mètres.
Un écosystème à bâtir
Entre pile à combustible – associée à un moteur électrique – et moteur conventionnel adapté aux contraintes de l’hydrogène, Airbus devra trancher vers 2027/2028 pour son futur appareil. La première option est séduisante : elle évite la génération de traînées de condensation, mais elle conduit en revanche à des appareils volant moins vite. Deux options qui vont être testées en vol via un A380 d’essai modifié. Mais à long terme, Airbus pourrait mettre à profit ces différentes voies envisagées. «Nous avons l’intention de développer toute une famille d’appareils à hydrogène, ce qui peut signifier l’utilisation de technologies différentes», affirme Glenn Llewellyn.
Alors qu’Airbus planche en parallèle sur la question du stockage de l’hydrogène à bord, nécessitant un système cryogénique à -253°C pour le maintenir à l’état liquide, l’industriel sait que la démocratisation de son avion à hydrogène passera aussi par d’importantes infrastructures au sol. D’où ses efforts depuis près de trois ans pour constituer un écosystème d’acteurs, de la production à la distribution en passant par le stockage au niveau des aéroports. Une dynamique collective qui sera décisive pour l’exploitation des avions à hydrogène.



