La fin d’année sera compliquée pour la verrerie Duralex située à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret). L’usine fait les frais de la flambée des prix de l’énergie (gaz et électricité), conséquence de la guerre en Ukraine. Le spécialiste de la vaisselle en verre trempé a annoncé qu’il mettra en veille son four à compter du 1er novembre. Sa consommation sera réduite de moitié. Parallèlement, ses 250 salariés passeront en chômage partiel. « Produire au tarif de l’énergie au prix du jour (spot) générerait des pertes intenables », explique José Luis Llacuna, le président de Duralex, propriété de la Maison française du verre (ex International Cookware).
« Limiter notre consommation d’énergie dans la période qui s’amorce nous permet de préserver l’activité et l’emploi, ajoute le dirigeant, tout en répondant directement aux attentes des pouvoirs publics quant à notre responsabilité de consommateur industriel, en réduisant nos besoins sur une période particulièrement tendue ».
Reprise en avril... peut-être
La mise en veille de la production est prévue pour une durée minimum de quatre mois. La reprise pourrait intervenir début avril, estime le dirigeant. Le temps pour la société d’être approvisionnée en énergie électrique achetée récemment à « un prix élevé mais acceptable », pour livraison au second trimestre. Stratégique, la décision protégera la trésorerie du verrier, dont l’activité était au beau fixe. « Nos ventes ont progressé entre 30 et 40% par rapport à l’an dernier », indique le patron dont l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 23,4 millions d’euros en 2021. A la différence de la production, l’activité commerciale, elle, sera maintenue ces prochains mois. « Les clients continueront d’être servis », assure l’industriel qui affirme « disposer de stocks suffisants et de qualité ».
A l’épreuve du redémarrage
La mise en veille du four sera une première au sein de l’usine. L’opération n’est pas sans risque, indique José Luis Llacuna. « Si on réduit trop la température, le verre risque de se figer, et si on remonte trop fort, il y a un danger de choc thermique ». Des chocs dans les parois pourraient alors être générés et détériorer l’outil industriel. « On a mesuré les risques, on les assume », estime le patron qui espère une normalisation des prix de l’énergie pour son activité, mais aussi pour les autres. « Avec un mégawattheure qui est passé de 50 à 1500 euros, ce sont toutes les industries qui sont en danger, et pas seulement des entreprises très énergivores comme la nôtre. »



