Il faudra encore un bon moment avant que l'utilisation de voitures autonomes ne se généralise. Et la nouvelle expérience d'une équipe de "hackers" de la société américaine de cyber-sécurité McAfee ne devrait pas rassurer ceux qui doutent de ce moyen de transport. À l'aide d'un simple bout d'autocollant, ils ont poussé différents modèles de Tesla à rouler à plus de 80 km/h au-dessus de la vitesse autorisée.
L'initiative fait partie d'un processus d'expérimentations et de recherches lancé il y a 18 mois: il vise à montrer que de simples détails peuvent mettre à mal les systèmes de machine learning des véhicules, et que de nombreuses questions de sécurité se posent encore. Les Tesla sont dotées de Mobileye EyeQ3, un système qui, grâce à des caméras situées à l'avant, lit les panneaux de limitation de vitesse et envoie les données aux dispositifs autonomes, comme le régulateur.
85 mph au lieu de 35 mph
Malheureusement, fausser ce système ne paraît pas si compliqué. La preuve : les équipes ont collé un petit autocollant sur un panneau de limitation de vitesse. Au lieu de 35 mph (environ 56 km/h), le panneau semblait afficher 85 mph (environ 136 km/h !), soit donc un écart immense de 80 km/h. Les deux véhicules testés, une Tesla Model X et une Model S, des modèles de 2016, sont toutes les deux tombées dans le panneau… sans mauvais jeu de mot.

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McAfee Dans le même cadre, un professeur de l'université de Berkeley (Californie) s'est également servi d'autocollants pour faire croire à un véhicule autonome qu'un "Stop" était en fait un panneau de limitation de vitesse à 45 mph. Toujours grâce à des autocollants, une voiture a également été poussée à rouler à contresens.
"À l'avenir, ce genre de systèmes intelligents vont venir remplacer les humains dans l'accomplissement de certaines tâches", explique Steve Povolny, membre de l'équipe de recherche de McAfee, cité dans l'étude. Si rien n'est fait maintenant pour détecter les failles potentielles, "alors vous aurez des flottes entières de véhicules connectés et facilement manipulables".
Des technologies à améliorer
Les résultats des expériences ont été transmis à Tesla ainsi qu'au fabricant de la caméra, l'israélien Mobileye. Le premier a reconnu les limites du système et a affirmé qu'il faudrait attendre les prochaines générations de matériel pour que ce genre de problèmes soit résolu. De son côté, Mobileye a préféré minimiser l'importance de l'étude, suggérant que même un humain aurait été trompé par le panneau faussé.
La société considère que tromper la caméra ne représente pas une attaque et ajoute que sa caméra n'a, de toute façon, pas été conçue pour la conduite autonome. "Les véhicules autonomes ne reposeront pas uniquement sur des technologies de détection. Ils utiliseront diverses autres technologies et données, telles que la cartographie, afin de garantir la fiabilité des informations reçues", explique un porte-parole de Mobileye dans un communiqué.
Depuis la commercialisation des Tesla de 2016, les technologies se sont améliorées. Selon les différents essais réalisés, les nouveaux modèles de véhicules et de caméras seraient moins susceptibles d'être trompés par ce genre de procédés. Mais les anciennes versions, toujours sur les routes, devraient être surveillées, selon McAfee. "Notre but n'est pas d'effrayer les consommateurs en leur faisant croire que leurs véhicules vont accélérer subitement. Nous souhaitons simplement les sensibiliser sur ce genre de défauts", précise Steve Povolny.



