Créer un bateau semi-submersible pour faire découvrir à ses occupants les petites profondeurs marines tout en continuant de naviguer à la surface : telle est l’idée qui naît dans l’esprit de François-Alexandre Bertrand en 2009, lors d’un voyage en Australie. Pour la concrétiser, il a fondé l’entreprise Platypus Craft, qui doit son nom à l’ornithorynque australien, le platypus, nageant sur l’eau tout en plongeant régulièrement.
En 2014, la start-up lance son premier prototype de bateau amphibie. Mais sa motorisation électrique fonctionne mal en raison de «la condensation marine et l’électrolyse», selon François-Alexandre Bertrand. Pour le deuxième prototype, mis en service en 2019, l’entreprise a donc préféré un moteur essence, conçu en partenariat avec Mercury. Il s’agit d’un trimaran de 7 mètres de long sur 2,5 mètres de large, muni d’une nacelle centrale qui, en moins de 30 secondes, s’abaisse pour immerger ses passagers. Pour embarquer dans le Platypus, pas besoin de bouteille, ni de certificat de plongée : des masques reliés au bateau permettent de respirer une fois sous l’eau. Ils peuvent alors contempler les paysages des abysses, le bateau continue lui d’avancer à une vitesse maximale de 5 nœuds. Le pilote l’oriente grâce à un tableau de bord étanche et des caméras qui lui permettent de visualiser ce qui se passe à la surface.
Entre tourisme, sciences et environnement
En mai-juin 2021, le Platypus parcourt la côte méditerranéenne dans le cadre de l’expédition «Blue Odyssey». Son but : faire un état des lieux environnemental des petites profondeurs. Il répète l’expérience durant l’été 2023, entre Ajaccio et Porto Vecchio et avec des scientifiques et des biologistes à son bord. «Une nouvelle expédition est prévue pour l’été 2025 en Haute Corse», annonce François-Alexandre Bertrand. Mais ce dernier destine aussi son invention au tourisme premium. «Nous concevons un nouveau bateau, avec un design inspiré par les codes automobiles», explique-t-il. Grâce aux propriétés isolantes de sa coque en fibres de verre infusion liège, ce modèle pourra être équipé d’un moteur électrique sans connaître les mêmes problèmes techniques que le premier prototype. Ou d’un moteur thermique, selon les préférences des acheteurs. D’après son fondateur, l’entreprise a déjà reçu «dix-huit lettres d’intention» venant de dix clients potentiels.




