Davantage de digital sur les chantiers. Mercredi 28 avril, Bouygues Construction et Dassault Systèmes ont renouvelé, pour trois ans, leur partenariat, sous forme d’une relation client-fournisseur. 15 000 collaborateurs de Bouygues Construction (contre 400 actuellement) devraient utiliser la plate-forme 3DExperience de Dassault Systèmes. “Jusqu’à présent au service de la conception, le numérique se met au service de la construction”, résume Frédéric Gal, directeur du projet de modernisation des métiers de Bouygues Construction (58 000 personnes, 12 milliards de chiffre d’affaires en 2020).
Sur les chantiers, un écran tactile au format A0 est installé, relié à la plate-forme conçue par Dassault Systèmes. Celle-ci permet de gérer des données liées à l’organisation des chantiers, à la sécurité, à la gestion documentaire, au plan d’avancement journalier (les tâches étaient auparavant surlignées sur papier), aux maquettes et aux jumeaux numériques. “Les actions des collaborateurs des chantiers sont facilitées”, estime Rémi Dornier, vice-président en charge des industries de la construction, des villes et des territoires de Dassault Systèmes. Une dizaine de chantiers et d’opérations-tests, sur tous les métiers de Bouygues Construction, ont pour l’heure eu lieu en France et à l’international.
Une démarche d’industrialisation des process
Les deux entreprises ont entamé leur collaboration en 2017, après un appel d’offres lancé par Bouygues Construction. “Nous avons souhaité numériser nos métiers et industrialiser nos processus en nous dotant d’une plate-forme de management numérique de projets. Comme nous souhaitions mener une démarche d’industrialisation, Dassault pouvait nous apporter de bonnes pratiques issues d’autres secteurs”, explique Frédéric Gal. En 2017 et 2018, après la phase de contractualisation, de premiers tests sur plusieurs chantiers de tous types ont été menés. En 2019, un projet de “transformation globale” s’en est suivi, avec un axe centré sur la collaboration en mettant l’ensemble des acteurs autour d’une même plate-forme, et un deuxième axe sur la transformation métier “pour gagner en productivité”.
L’arrivée d’outils digitaux sur les chantiers est l’occasion de repenser la façon de travailler. “Il faut essayer de ne plus avoir une réflexion par lot et par métier mais multidisciplinaire, pour faire face au manque de main d’œuvre spécialisé. L’ingénierie systèmes permet de découper et de simplifier, et de décorréler les problèmes. On a une complexité accrue par les critères de performance énergétique, de traçabilité des déchets qui peut être adressée grâce à cette transformation”, expose Rémi Dornier.
“Il n’y a plus d’improvisation; nos collaborateurs connaissent précisément les tâches à effectuer”, poursuit Frédéric Gal : à l’approche métier (plomberie, chauffage…) par silos est désormais substituée une approche multidisciplinaire. Les bâtiments sont découpés sous-parties, avec une vision multi-métiers. “On passe d’une vision à l’échelle d’une chambre-type, par exemple, à un niveau de détail beaucoup plus précis. Et cela nous permet également le hors site, sans nous y contraindre.” En outre, les données jusque-là affichées dans les bungalows de chantier peuvent, désormais, être actualisées et consultées à distance.
Une prise en main aisée
“Nous allons continuer à bâtir des cas d’usages sur la partie collaborative de la plate-forme”, ajoute Frédéric Gal. Une heure de formation par collaborateur suffit pour utiliser la partie collaborative. En front office, c’est extrêmement simple. Sur le back-office, davantage de temps est requis. “Si on donne un outil qui fait gagner du temps, il sera utilisé plus facilement. La plate-forme est utilisée du compagnon jusqu’au directeur travaux. Nos sous-traitants, la maîtrise d’œuvre et nos clients peuvent aussi l’utiliser”, indique le manager. Le montant du contrat n’a pas été communiqué.



