L'engouement mondial pour le véhicule électrique serait-il déjà en train de s'estomper ? Alors que les aides gouvernementales ont tendance à baisser, les tarifs des modèles, eux, iraient plutôt à la hausse ces dernières années. En conséquence, le marché mondial de l'électrique a connu, pour la première fois de sa courte histoire, une baisse historique en fin d'année 2019.
Des prix en hausse
Spécialisé dans l'analyse des tendances du marché automobile, JATO Dynamics a récemment publié une étude sur l'évolution des prix des véhicules électriques sur ces huit dernières années. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ils sont en constante hausse, et ce presque partout dans le monde.
Avec sa part de marché d'environ 50%, la Renault Zoé domine le marché français. Entre 2012 et 2019, sa version Intens de 80 chevaux a certes vu son autonomie et ses équipements s'améliorer, mais c'est avant tout son prix d'achat qui s'est vu gonfler, passant de 22 500€ à 26 580€. Cas similaire pour la Nissan Leaf au Royaume-Uni, qui est passée de 30 000£ à 34 000£ (environ 35 000€ à 40 000€).

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De son côté, la Tesla Model S a vu son prix faire le yoyo, passant de 77 400$ (environ 69 000€) en 2012 à 80 000$ (environ 71 000€) en 2016, avant de chuter à 71 300$ (environ 63 000€) en 2017 et de remonter à 76 000$ (environ 68 000€) en 2019. Cependant, ce tarif toujours très élevé en fait une voiture de niche, réservée à un public aisé qui peut, dans tous les cas, se payer un véhicule électrique.
Autre exception, la Norvège, où les véhicules électriques sont très populaires (environ 7% de parts de marché), notamment grâce à une fiscalité très incitative (pas de taxe CO2 ni de TVA à 25%). En conséquence, le prix moyen d'une voiture électrique y est inférieur de 2 257€ à celui de son équivalente thermique. Un système qui devrait être suivi partout dans le monde selon JATO, qui prédit cependant une baisse globale des prix en Europe, grâce à l'arrivée de modèles plus petits comme l'Opel e-Corsa, la Peugeot e-208, les Mini électriques et la Fiat 500 BEV.
Des aides en baisse
Car pour le moment, il ne vaut mieux pas compter sur une hausse générale des aides à l'achat d'un modèle électrique. La Norvège mise à part, la tendance est à la baisse. Les deux géants que sont les États-Unis et la Chine ont réduit leurs aides publiques, et la France s'apprête à faire de même à partir de 2020. En conséquence, au 3ème trimestre de 2019, les ventes mondiales de voitures électriques étaient en baisse de 10% sur un an, selon une étude de l'IFP-Energies Nouvelles. Sur l'année complète, environ deux millions de modèles devraient être vendus, soit un chiffre similaire à 2018 et loin des prévisions à 3 millions établies en janvier dernier.
Continent où les subventions existent pour l'instant encore, l'Europe a vu son marché électrique croître, avec des ventes au troisième trimestre en augmentation de 27%, en glissement annuel à 121 600 unités. Depuis le début de l’année, près de 364 000 véhicules électriques ont été mis en circulation, représentant environ 3% des ventes de voitures particulières. En France, on dénombrait 13 280 nouvelles immatriculations au troisième trimestre, soit +39% sur un an.
Ce constat mi-figue, mi-raisin est également à placer dans un contexte général de baisse des ventes automobiles mondiales. Au troisième trimestre de 2019, 21,8 millions de véhicules ont été vendus, soit -3,4% sur un an. Depuis le début de l'année, les ventes sont également en recul de 5,6%. Avec environ 7 millions d'unités vendues en 2019, le parc électrique ne devrait représentait que 0,5% du marché automobile global.



