Au LNE, une plateforme d’évaluation de l’intelligence artificielle

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Un laboratoire hybride, à la fois physique et immersif, pour tester des systèmes d’intelligence artificielle (IA). Le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) a inauguré en mai son LE.IA Immersion. C’est un grand caisson de 100 m² situé dans ses locaux à Trappes (Yvelines) qui sert à tester les caractéristiques d’asservissement et de prise de décision d’un système autonome.

Qu’il s’agisse d’un robot, d’un drone ou d’un capteur, il en évalue les performances de mobilité, le fonctionnement de l’algorithme ou le temps de réaction. Une façon pour le LNE de se positionner sur l’évaluation des systèmes d’IA et leur certification à venir avec le règlement européen AI Act.

L’objet est physiquement au centre du caisson : il est accroché sur un convoyeur pour les robots (qu’ils soient roulants, bipèdes ou quadrupèdes), suspendu au bout d’un bras robotisé ou à des filins pour les drones. «Le convoyeur peut simuler la résistance au sol, si l’objet se déplace en pente, ce qui permet de mesurer l’effort réalisé par le robot, détaille Stéphane Jourdain, le responsable du pôle essais en environnement du LNE. Six projecteurs diffusent l’environnement simulé dans lequel est testé l’appareil sur un écran incurvé procurant au système un angle de vue à 300°.»

Car ce n’est pas l’objet testé qui bouge mais bien la simulation. Le système autonome peut être ébloui, perturbé par du son, par l’envoi d’un champ électromagnétique ou d’une représentation floutée de l’environnement qu’il perçoit. Son comportement est alors traqué grâce aux données récupérées en temps réel via différents capteurs. Une des étapes les plus longues ? La conception de la simulation. Pour cela, le LNE s’est rapproché de la start-up 4D-Virtualiz afin de produire des environnements virtuels pour tester différents scénarios selon les besoins du client. Si un problème est repéré, le LNE peut expliquer pourquoi l’objet ne fonctionne pas correctement. À charge ensuite au client de le régler. S’adressant à toute entreprise qui le souhaite – soit pour tester ses propres technos, soit pour évaluer une solution avant de l’acheter – cette plateforme est accessible à un prix avantageux pour les PME, ETI et start-up. Les secteurs de la logistique, santé et mobilité sont les premiers visés.

Couv 3721

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3731 - Juin 2024

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