Airbus va mener les études de conception du futur internet quantique européen

Airbus a été sélectionné pour mener un consortium d’entreprises et d’instituts de recherche voué à concevoir un réseau de communication quantique européen. Ces travaux serviront de base à la création d’un internet quantique commun aux pays-membres de l’Union européenne.

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Système quantique optique - Institut Max Planck
Un système optique de communication quantique de l'Institut allemand Max Planck.

Airbus prend la tête des communications quantiques européennes. L’avionneur a été sélectionné le 31 mai pour diriger un consortium d’entreprises et d’instituts de recherche dans le cadre de l’initiative EuroQCI (pour Quantum communication infrastructure). L’objectif : étudier la conception d’un futur réseau européen de communication protégé par les technologies quantiques. "L’objectif est d’exécuter un démonstrateur EuroQCI d’ici 2024 et de déployer un service opérationnel d’ici 2027", est-il avancé dans un communiqué.

Pour les quinze mois que dureront l’étude, Airbus sera accompagné par le constructeur aéronautique italien Leonardo, Orange, PwC France et Maghreb et Telespazion – une co-entreprise de Leonardo et Thales. Le conseil national de la recherche et l’institut national de recherche en métrologie italiens, qui ont participé au déploiement du réseau de communication quantique transalpin, seront aussi de la partie.

Feuille de route, planning et budget

Lancée en juin 2019 avec 26 Etats-membres de l’Union européenne, l’initiative EuroQCI bénéficie du soutien de l’Agence spatiale européenne et vise à développer une infrastructure de communication quantique couvrant l’ensemble de l’UE. C’est la base d’un futur internet quantique européen.

L’infrastructure utilisera la distribution quantique de clé (ou QKD, pour Quantum key distribution) pour échanger des informations de manière théoriquement inviolable. Cette technique se base sur l’échange d’une clé de chiffrement via une fibre optique, comme dans le cadre d’une communication chiffrée conventionnellement. Sauf qu’ici, la clé est inscrite dans l’état quantique de photons. Grâce à cela, il est impossible de la lire sans automatiquement… la détruire. Révélant instantanément la présence d’un intrus sur le réseau.

S’il est possible d’échanger des informations quantiques sur une simple fibre optique, les communications de ce type nécessitent des infrastructures adaptées à la manipulation et la détection des photons uniques et de leur état quantique. Le consortium aura donc la charge de définir les spécifications de cette infrastructure et d’en concevoir le segment terrestre, basé sur fibre optique – les modalités de conception des liaisons laser satellitaires, elles, n’ont pas été abordées. Il délivrera aussi une feuille de route, un planning et une estimation financière de sa mise en œuvre.

Ces travaux serviront ensuite de base à la Commission européenne pour "concevoir une infrastructure de test et de validation et élaborer des normes et standards appropriés", est-il indiqué dans un communiqué. Ces tests ouvriront la voie au déploiement à l’échelle du réseau et, à terme, à la naissance d’un internet quantique européen.  

Pour y parvenir, il faudra notamment s’attaquer à un blocage qui occupe nombre de chercheurs à travers le monde : la création de répéteurs quantiques, indispensables pour déployer sur de grandes distances des réseaux basés entièrement sur la QKD. 

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