Airbus peut s’enorgueillir de s’être penché très tôt sur les technologies quantiques, il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui, une communauté de 200 personnes réparties sur plusieurs pays, notamment européens, est associée au sein du groupe aux travaux dans ce domaine. Parmi les cas d’usage les plus prometteurs : le développement de solutions pour réduire l’empreinte carbone des avions.
«Les technologies quantiques pourraient démultiplier la précision des calculs d’optimisation les trajectoires des avions», glisse Jasper Simon Krauser, responsable des technologies quantiques au sein d’Airbus, qui imagine les premières applications commerciales d’ici trois à cinq ans. Ces calculs font intervenir de très nombreux paramètres, des conditions météorologiques à la consommation de kérosène.
Une clé pour l'avion à hydrogène ?
Également dans le viseur, une analyse plus fine du comportement des matériaux à l’échelle microscopique et une aide à la résolution des équations de Navier-Stokes intervenant dans les calculs d’aérodynamisme. «L’ordinateur quantique va nous fournir une puissance de calcul supérieure à celle des supercalculateurs que nous utilisons aujourd’hui à Toulouse et à Hambourg», résume l’expert.
Un outil qui pourrait également s’avérer décisif dans le développement d’une pile à combustible pour le projet d’avion à hydrogène du groupe. Le calcul quantique promet d’améliorer la compréhension des réactions physico-chimiques en jeu, difficiles à modéliser en raison des nombreux échanges de particules.
Airbus évalue les performances des fabricants de calculateurs quantiques pour tous ces cas d’usage. Plus surprenant, les technologies quantiques sont aussi pressenties pour le remplissage des avions de fret afin de bien positionner le centre de gravité de l’ensemble des conteneurs, requérant là encore de très nombreux paramètres.
Souvent présentée comme une solution pour verdir leur activité par les industriels, le calcul quantique n'en reste pas moins jeune : il amorce à peine son passage à l'échelle industrielle. Il faudra probablement attendre la prochaine décennie pour que des cas d'usages majeurs soient mis en oeuvre.



