A l’Institut du Cancer de Montpellier, un robot aide à préparer les chimiothérapies

Le service de préparation des chimiothérapies de l’Institut du Cancer de Montpellier (ICM) s’est équipé d’un robot de la société italienne Steriline inauguré cet été. L'objectif est d'industrialiser une partie des préparations afin de soulager le travail des préparateurs.

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Robotique medicale Montpellier ICM robot préparation anti-cancéreux Steriline
Les deux bras robotisés préparent de façon autonome une poche avec un anti-cancéreux.

Un robot pour préparer les chimiothérapies est arrivé en 2020 à l’Institut du Cancer de Montpellier (ICM), dans l’Hérault. En raison du Covid et du temps nécessaire pour paramétrer cette première plate-forme de la société italienne Steriline, qui habituellement commercialise des machines pour le monde industriel, celle-ci a été inaugurée à l’été 2024. «Le paramétrage, aussi bien physique que logiciel, nécessite l’aide de Steriline», rappelle le pharmacien César Lefebvre.

Avec cette installation, l'entreprise italienne vient concurrencer le canadien ARxIUM et son robot Riva. «Les avantages du robot Steriline sont qu’il est pleinement autonome une fois le chargement fait, qu’il est plus technique et rapide que les autres en raison de ses deux bras et qu’il peut récupérer la fin des flacons pour faire des préparations», liste César Lefebvre. Mais son installation est longue, car ce prototype est le premier de la société Steriline.

Une autonomie de 45 minutes

La plateforme robotisée prend la forme d’une immense armoire en métal et verre, haute du sol au plafond et remplissant le coin d’une salle à l’atmosphère contrôlée. «La pièce devait être refaite, affirme César Lefebvre. Nous en avons profité pour construire une porte intermédiaire, depuis scellée, afin d’installer le robot.» Le sol doit être suffisamment solide pour l'accueillir. Pour fonctionner, cette installation massive demande aussi d’importantes capacités électriques et un générateur de secours.

Robotique medicale Montpellier ICM robot préparation chimiothérapies de SterilineCome SITTLER
Robotique medicale Montpellier ICM robot préparation chimiothérapies de Steriline Robotique medicale Montpellier ICM robot préparation chimiothérapies de Steriline (Come SITTLER/Come SITTLER)

Le transpalette sur lequel le préparateur positionne le matériel nécessaire pour que le robot réalise les anti-cancéreux. © Côme Sittler

Le préparateur doit remplir un chariot, qui prend la forme d’une grande caisse métallique avec différents tiroirs sur un transpalette, avec tout le matériel nécessaire. Puis, il positionne ce chariot sur une face du robot conçue à cet effet. Le robot dispose alors d'une autonomie de 45 minutes environ. Le temps de faire toutes les préparations.

Deux bras robotisés, visibles à travers les deux faces vitrées de la plate-forme, s’attèlent aux préparations dans l’enceinte, stérilisée tous les 15 jours. Poches, seringues, aiguilles et produits sont successivement attrapés. Rapides et précis, les bras robotisés peuvent faire des poches et des diffuseurs – des préparations ramenées chez les patients mais difficiles à réaliser pour les préparateurs. Toutes les étapes sont contrôlées par gravimétrie pour s'assurer que les bonnes doses de produit sont prélevées. Pour la préparation en cours lors de la visite, le robot a d’ailleurs ajusté la quantité prélevée après avoir pesé son contenu.

Robotique medicale Montpellier robot préparation anti-cancéreux Steriline à l'ICMCome SITTLER
Robotique medicale Montpellier robot préparation anti-cancéreux Steriline à l'ICM Robotique medicale Montpellier robot préparation anti-cancéreux Steriline à l'ICM (Come SITTLER/Come SITTLER)

La caisse métallique dans laquelle le matériel nécessaire aux préparations est mis. © Côme Sittler

Une fois les poches terminées, c'est au préparateur de décharger le chariot et de scanner les préparations. Un récapitulatif de leur composition s’affiche sur un écran d’un. «Le robot a un taux d’erreur de seulement 4%», souligne César Lefebvre. C'est mieux qu'un humain. Si les poches et diffuseurs sont validés, l’impression des étiquettes est lancée pour assurer leur traçabilité.

Préparer 40 à 50% des poches la veille

Six molécules de chimiothérapies et quatre anticorps peuvent actuellement être utilisés par le robot pour réaliser les préparations. «Si une nouvelle molécule est ajoutée ou un nouveau flacon, nous devons passer par Steriline», souffle César Lefebvre. Seule l'entreprise italienne peut en effet enregistrer de nouvelles données dans le logiciel. Cela complexifie l’usage de la plateforme robotisée.

Ce n’est pas l’augmentation du nombre de patients qui pousse l’ICM à s’équiper d’un tel robot, mais le fait qu’ils restent plus longtemps. Avec 220 chimiothérapies par jour, l’ICM souhaite semi-industrialiser les préparations standards. «Le but est d’arriver à 40 ou 50% de poches préparées la veille et stockées», détaille le pharmacien. Pour l’instant le robot en fait une cinquantaine par jour, mais la montée en cadence doit se poursuivre. L’institut aimerait lancer une préparation dans la nuit. Pour cela, il faut obtenir l’accord de l’ARS et terminer les derniers réglages de l'automate.

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