Plombé par les droits de douane, Volkswagen abaisse ses prévisions annuelles

Malgré un chiffre d'affaires et des volumes de ventes stables, le résultat opérationnel du constructeur allemand Volkswagen chute de 33% sur le premier semestre. Des coûts de restructuration et l'effet négatif des droits de douane amputent la marge de l'entreprise, qui tombe à 4,2%. Ces circonstances poussent le conglomérat à revoir ses objectifs financiers annuels à la baisse.

Volkswagen n'a pas de difficulté à écouler ses véhicules sur le marché, mais peine à générer des liquidités. A l'occasion de la publication de ses résultats semestriels, vendredi 25 juillet, le constructeur allemand revoit à la baisse ses prévisions annuelles, donnant ainsi une première évaluation très attendue de l'impact sur son bénéfice de la politique commerciale du président américain Donald Trump.

1,3 milliard d'euros de coûts liés au droits de douane

Malgré un chiffre d'affaires et des volume de vente stables, le résultat opérationnel du constructeur allemand Volkswagen chute de 33% sur le premier semestre. Des coûts de restructuration et l'effet négatif des droits de douane amputent la marge de l'entreprise, qui tombe à 4,2%. Sans ces vents contraires, elle aurait atteint 5,6%.

Outre des effets de change en raison de l'affaiblissement du dollar face à l'euro, la «baisse du résultat d'exploitation est principalement due à la hausse des coûts liée à l'augmentation des droits de douane américains (1,3 milliard d'euros), aux provisions pour restructuration chez Audi, Volkswagen Passenger Cars et Cariad (0,7 milliard d'euros) et aux dépenses liées à la réglementation sur le CO2», précise l'entreprise dans un communiqué de presse.

« Nos résultats semestriels présentent un tableau contrasté : d'une part, nous avons remporté un franc succès avec nos produits et progressé dans la réorganisation de l'entreprise. D'autre part, le résultat d'exploitation a baissé d'un tiers par rapport à l'année dernière – en partie à cause de l'augmentation des ventes de modèles entièrement électriques à plus faible marge. De plus, la hausse des droits de douane américains et des mesures de restructuration ont eu un effet négatif», a réagit le directeur financier du groupe allemand, Arno Antlitz, cité dans un communiqué.

Révision à la baisse des objectifs financiers

Ces circonstances poussent le conglomérat à revoir ses objectifs financiers annuels. Le constructeur automobile s'attend désormais à une marge opérationnelle de 4 à 5%, contre 5,5 à 6,5% précédemment. Les ventes du groupe devraient être stables sur un an, alors qu'il tablait précédemment sur une croissance de 5%.

Selon les données de l'Association des constructeurs européens d'automobile, sur le mois de juin, les ventes de véhicules des marques Volkswagen, Renault, Stellantis et Hyundai, les plus vendus en Europe, ont reculé de 6,1%, 12,3%, 0,6% et 8,7% respectivement sur un an. Depuis le début de l'année, Volkswagen affiche toutefois une solide croissance sur le Vieux Continent. Les ventes du premier constructeur de la région (27,3% du marché) sont en hausse de 2,3%, avec 1 519 875 immatriculations.

avec Reuters (Rédigé par Rachel More, version française Augustin Turpin, édité par Kate Entringer)

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