Vivatech 2025 : la France lance un nouveau programme de recherche en robotique, imprégné par l’IA

Ce 12 juin, à l’occasion du salon Vivatech, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a lancé officiellement un nouveau grand programme de recherche national (PEPR) dédié à la robotique. L’accent est mis sur la convergence avec l’intelligence artificielle, l’objectif étant de réaliser une « robotique nativement IA ».

Réservé aux abonnés
Vivatech 2025 pepr robotique
Sur le stand du CNRS à Vivatech, une table ronde a réuni des chercheurs, l'industriel Staubli ainsi que Mistral.AI, après l'annonce du PEPR Robotique. Elle a décrit le potentiel de l'IA dans le secteur de la robotique.

La France se donne de nouveaux moyens pour favoriser la convergence de la robotique et de l’IA, une tendance parfois qualifiée par le terme « IA physique » et symbolisée par la nouvelle vague des robots humanoïdes. Ce 12 juin, alors que la deuxième journée du salon Vivatech touchait à sa fin, un PEPR (programme et équipements prioritaires de recherche) consacré à cette thématique a été annoncé sur le stand du CNRS, en présence de plusieurs ministères et d’un parterre de scientifiques et d’industriels.

Financé par le plan France 2030 à hauteur de 30 millions d’euros pour 6 ans, le PEPR Robotique doit « soutenir et organiser le niveau fondamental de la recherche pour lever un ensemble de verrous scientifiques et techniques ». Le second objectif est d’« accélérer la maturité de solutions matérielles et logicielles innovantes (…) », enchaîne le communiqué officiel.

Ce PEPR d’accélération, adossé à la stratégie nationale robotique, sera piloté par le CNRS. Son porteur se nomme Philippe Souères, directeur de recherche CNRS au laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes (LAAS), situé à Toulouse. Un précédent PEPR dédié à la robotique organique, de nature exploratoire (axé sur des technologies plus émergentes), avait été initié en 2024.

Un nouveau dispositif de financement pour la robotique intelligente

Quatre projets de recherche ciblés accompagnent ce nouveau programme. Ils concernent la mobilité et la locomotion des robots, la manipulation d’objets complexes fragiles et déformables (un point dur en robotique), le développement des capacités de perception des robots en environnement peu ou pas structuré (typiquement en dehors d’une usine ou d’un entrepôt) et, enfin, la robotique miniature.

Ce n’est toutefois que la première composante de l’alignement de la stratégie nationale robotique sur l’IA, qui doit aboutir à une « robotique IA native », selon l’expression de Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement. Un appel à manifestation d’intérêt, « robotique et machine intelligente », est également lancé en parallèle. Il s’agit d’identifier des projets de R&D, en vue d’un potentiel soutien financier, dans les domaines de la robotique pour l’industrie de la fabrication additive et des drones – et plus généralement les robots conçus pour évoluer dans les airs, sur terre et en mer.

Encadré par la stratégie nationale pour l’IA, un nouveau dispositif de financement,  « Pionnier de l'IA », va également s’adresser aux deeptechs, laboratoires et consortiums publics-privés qui développent des applications innovantes dans le domaine de la robotique intelligente.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.