Portrait

Vincent Martinot-Lagarde, le meneur d'hommes qui a su mettre à l'eau le sous-marin nucléaire Suffren

Il faut 400 compétences différentes pour concevoir et assembler un sous-marin nucléaire. Portrait de Vincent Martinot-Lagarde, l'ex-responsable du programme de nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque de Naval Group, Barracuda.

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Vincent Martinot-Lagarde a dirigé le programme de nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque de Naval Group, Barracuda.

Il pourrait être aux commandes d’un navire. Vincent Martinot-Lagarde a fait le choix de fabriquer des bâtiments pour les autres. Pour vivre des moments forts et partagés avec ses équipes en guise d’équipage. Comme en juillet 2019 à Cherbourg, quelques jours avant la visite du président de la République pour l’inauguration du « Suffren », le premier exemplaire des nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) du programme Barracuda.

Cinq ans auparavant, Hervé Guillou, le patron de Naval Group, fait appel à lui pour remettre d’équerre ce programme majeur dont les délais dérapent, creusant les pertes du groupe. En interne, ce choix est une évidence. Arrivé au début des années 1990 avec son diplôme d’ingénieur de l’armement dans ce qui était alors la direction des constructions navales au sein de la Direction générale de l’armement (DGA), il s’est frotté à quasiment tous les postes clés. Le bureau d’études à Cherbourg et la production à Lorient, les navires de surface et les sous-marins, les programmes pour la Marine nationale et les marines étrangères...

Fort de cette expérience, l’homme a appris à maîtriser la complexité pour diriger le programme Barracuda. Qu’elle relève des sciences de l’ingénieur – il faut 400 compétences différentes, allant de la propulsion au soudage de la coque, pour concevoir et assembler un sous-marin nucléaire – ou de l’organisation industrielle – il est nécessaire de coordonner 800 entreprises, des dizaines de sites industriels. « Imaginez que vous ayez à monter ces systèmes en Lego très complexes, mais sans notice !», s’amuse Vincent Martinot-Lagarde. En l’occurrence, il s’agissait de construire le premier de la série des SNA de nouvelle génération. Soit près d’un million de pièces à assembler, dix fois plus que le plus gros des Boeing.

Vincent Martinot-Lagarde est un meneur d’hommes. « Il faut donner du sens à l’action de chacun et faire travailler tout le monde dans le même sens », dit ce capitaine de chantier qui aime rejoindre les ateliers et les bureaux d’études pour discuter avec les équipes. Il le faut bien. Quelque 10 000 personnes ont participé à la construction des sous-marins du programme Barracuda.

Depuis le 1er janvier 2020, Vincent Martinot-Lagarde a été nommé à la direction des Services par le conseil d'administration de Naval Group. Il a été remplacé à la tête du programme Barracuda par Hervé Glandais, précédemment responsable navires armés.

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