Spécialiste du mobilier en bois et matériaux recyclés pour les rayons des magasins bio et de vrac, Mobil Wood (basé à Saint-Bris-le-Vineux dans l’Yonne) avait été placée en redressement judiciaire début juin. Le tribunal d’Auxerre a retenu le 2 août la proposition de reprise d’Acta mobilier, un autre acteur de l’aménagement installé lui aussi dans l’Yonne. 34 des 54 salariés seront conservés.
«Entre 2006 et 2021, nous sommes passés de 2 à 24 millions d’euros de chiffre d’affaires. Puis le marché du bio s'est effondré : le secteur a divisé par huit ses investissements en deux ans», explique Alexis Nollet, co-dirigeant de Mobil Wood. La société venait tout juste d'ouvrir une nouvelle usine... Mais en 2023, le chiffre d'affaires est repassé sous les 10 millions d'euros. «Nous nous sommes réorientés vers l’agencement d’espaces de coworking et d’hôtellerie et on espérait que le marché du bio se ressaisisse mais ce n’est pas arrivé. On a tout essayé : même nos investisseurs ont remis un million d’euros», détaille Alexis Nollet.
Un repreneur local
Fondée en 1989 à Monéteau (Yonne), Acta Mobilier est le nouveau propriétaire de Mobil Wood. L’industriel fabrique des portes de cuisine haut de gamme aussi bien pour des marques comme Mobalpa ou Schmidt que pour des marques allemandes. L’entreprise réalise d’ailleurs 70% de son chiffre d’affaires de 14 millions d’euros outre-Rhin. Acta Mobilier s'adresse surtout au secteur du luxe pour l’agencement de boutiques pour des marques comme Dior, Chanel, Guerlain ou encore DS Automobile. Avec des créations sur-mesure réalisées à la commande.
Déjà forte de 130 salariés, Acta Mobilier va maintenir 34 des 54 emplois de Mobil Wood. «Nous voulons maintenir cet écosystème à Saint-Bris» insiste le repreneur. Le dirigeant souhaite mettre l’accent sur les matériaux naturels et recyclés des gammes de produits de Mobil Wood, qui perdureront. «Nous allons garder deux entreprises distinctes et continuer à proposer des agencements pour des environnements sains avec un faible impact carbone», souligne Alain Genet. Le repreneur n'abandonne pas le marché de l'agencement des magasins bio (à un niveau plus faible qu'auparavant) mais souhaite se diversifier sur d'autres marchés.



