Elle est encore très loin des 36,5 millions d'euros perçus en 2023 par Carlos Tavares chez Stellantis, mais la rémunération du directeur général de Renault, Luca de Meo, pourrait à nouveau augmenter en 2024. A la tête du groupe au losange depuis 2020, le dirigeant italien doit rempiler pour un second mandat de quatre ans, à l’issue de l’assemblée générale de l’entreprise, prévue le 16 mai. En amont de cet évènement, Renault a publié sa politique de rémunération pour 2024, qui sera soumise au vote des actionnaires.
Un quasi-doublement de la rémunération variable
«Pour assurer l'attractivité de la rémunération du directeur général», qui ne faisait pas mystère de son envie d’être mieux payé, l’entreprise propose de porter sa rémunération fixe annuelle à 1,7 million d’euros brut. Celle-ci sera complétée par une rémunération variable annuelle également en très forte hausse (+96%), dont le montant pourra atteindre 225% de la rémunération fixe, soit 3 825 000 euros. Son versement dépend de l’atteinte de divers objectifs financiers, stratégiques et de développement durable. Au total, Luca de Meo pourrait donc percevoir en 2024 une rémunération annuelle de 5 525 000 euros, hors actions de performance. Celles-ci sont également en hausse, à 120 000 contre un peu plus de 105 000 en 2023.
Au titre de l'exercice 2023, Luca de Meo a touché un salaire de 5 297 829 euros, répartis entre sa rémunération fixe de 1,3 million d'euros et une part variable de 1,95 million d’euros (soit 150% du fixe, le maximum) ainsi que 2 millions d’euros d’actions de performance. Celles-ci ne seront toutefois versées qu’à la fin de l’année 2026, car l’atteinte des critères de performance sera appréciée sur une période cumulée de trois ans, entre 2024 et 2026.
Ajuster la rémunération face à la concurrence
Renault justifie cette hausse de salaire par les bons résultats de Luca de Meo, qui est parvenu à assainir les finances de l’entreprise, au bord du gouffre en 2020. Renault prend également en compte «le fait que la politique de rémunération en 2020 avait été adaptée au contexte de l’époque et avait conduit à un calibrage de la rémunération inférieur aux pratiques des pairs». A son arrivée chez Renault, Luca de Meo avait en effet accepté une rémunération moindre que celle dont il était gratifié chez son précédent employeur, Seat.
Tout le monde ne semble toutefois pas de cet avis «A la vue des performances boursières de Renault, nous n’estimons pas que sa rémunération mérite une augmentation en 2024», estimait auprès de L’Usine Nouvelle Denis Branche, directeur général délégué de la société de gestion Phitrust, en amont de cette annonce.



