L’annonce était dans les cartons depuis un moment. Le fabricant de batteries grenoblois Verkor a officialisé jeudi 14 septembre la première tranche de financement de sa future gigafactory de batteries de Dunkerque (Nord), pour un montant total avoisinant les deux milliards d’euros. L’Usine Nouvelle était en mesure de confirmer cette information, révélée par le média en ligne L’Informé un peu plus tôt la veille. Comme lors de la séquence industrielle du mois de mai à Dunkerque, la primeur de l’annonce de cette levée de fonds a été réservée dans la matinée au Président de la République, qui s'est exprimé à l'écrit sur les plateformes X (ex-Twitter) et LinkedIn.
Dans le détail, une partie de l’argent provient d’une levée de dette auprès de la Banque européenne d'investissement pour un montant de 600 millions d'euros. Ce montant est complété par d'importantes subventions publiques à hauteur de 650 millions d'euros, principalement de l'Etat français dans le cadre du plan «France 2030».«L’Etat français va en effet apporter une subvention à Verkor, dont la validation reste soumise à l’approbation de la Commission européenne, au titre du régime d’aide à la recherche et développement»,confirmait Bercy à L'Usine Nouvelle en amont de l'annonce, précisant qu’«un fonds géré par Bpifrance pour le compte de l’Etat a contribué au tour de table», à savoir le fonds d'investissement SPI (Société des projets industriels). La région Hauts-de-France libère de son côté 60 millions d'euros tandis que la communauté urbaine de Dunkerque investit 30 millions d'euros.
Une injection de capital de 850 millions d’euros vient compléter cette levée de fonds pour un total de près de 2 milliards d’euros. Verkor explique dans un communiqué que ce montant «pourrait augmenter dans les semaines à venir». Pour l'heure, comme dévoilé par L'Informé, cette manne de liquidités émane de multiples investisseurs privés, parmi lesquels le fonds d’infrastructure français Meridiam et le Fonds stratégique de participations de la société de gestion de portefeuille indépendante Isalt. La majorité de l’argent investi vient toutefois du fonds d'infrastructures australien Macquarie, dont Les Echos avaient révélé en mai dernier qu’il serait prêt à investir 500 millions d'euros dans Verkor. Il devient le principal investisseur de cette série C, précise Verkor.
Renault reste un partenaire essentiel
Sans oublier le constructeur hexagonal Renault, qui met également au pot. Peu après la création de Verkor en 2020, le Losange avait indiqué avoir pris «plus de 20%» dans la start-up. Cette participation est en toute logique quelque peu diluée par l’arrivée de nouveaux investisseurs. Après cette levée de fonds, le Losange indique toujours détenir environ 10% de participation dans l'entreprise. Une part conséquente, qui devrait lui permettre de garder un siège au conseil d'administration, contre deux jusqu'à présent. Renault va rester un acteur essentiel du projet, le constructeur s’étant récemment engagé à acheter près de 75% de la production de la future gigafactory, soit 12 des 16 GWh disponibles à partir de l’entrée en production de l’usine en milieu d’année 2025. Renault compte sur les batteries haute performance de Verkor pour équiper les modèles haut de gamme de Renault et Alpine (notamment son futur C-Crossover GT). A horizon 2030, la capacité nominale de l’usine pourrait évoluer pour atteindre 50 GWh.
Le site du Grand Port de Dunkerque doit employer à terme 1200 salariés directs et créer près de 3000 emplois indirects. D’ici la fin de l’année, près de 400 personnes seront présentes sur le site afin d'entamer la construction de l’usine. Afin de préparer la production à grande échelle de ses batteries, Verkor a inauguré en juin 2023 son centre d'innovation grenoblois (Isère), qui lui sert à la fois de siège social, d’usine pilote, de centre R&D et de formation.



