Le géant français des services à l’environnement a décidé de jouer la carte des États-Unis pour accélérer sa croissance. Il ambitionne de doubler son chiffre d’affaires dans cette zone d’ici à 2030.
Trois tendances doivent porter son développement : la réindustrialisation, le stress hydrique et une forte aspiration du public à une eau de meilleure qualité. La société ne découvre pas le pays car elle compte, depuis qu’elle a repris une bonne partie des activités de Suez, 12000 salariés sur place et y réalise 5,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires (11 % de celui du groupe).
L'IRA, un puissant levier
Les différents plans de soutien public (celui sur la rénovation des infrastructures), l’IRA et le Chips act sont de puissants leviers pour l’entreprise qui traite l’eau et les déchets. «Nous ne bénéficions pas directement de ces aides financières, mais tous ces projets génèrent des opportunités formidables», explique Estelle Brachlianoff, la patronne de Veolia. En témoigne un contrat de 167 millions d’euros pour un centre de traitement des eaux pour une usine de semi-conducteurs de Samsung au Texas.
Toujours aux États-Unis, Veolia a développé une expertise porteuse sur l’élimination des Pfas (polluants éternels) alors que, le 10 avril, l’agence de l’environnement américaine a publié un règlement fédéral sur des valeurs limites dans l’eau pour cinq d’entre eux. Il compte également y exporter son expérience de réutilisation des eaux usées acquise en Europe du Sud. Car si le pays n’est pas très mobilisé sur l’atténuation du changement climatique, il doit déjà s’y adapter, avec un manque d’eau qui pourrait pénaliser son développement.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3731 - Juin 2024



