Valeo a changé de patron, mais pas question de bouleverser sa stratégie. Vendredi 25 février, le nouveau directeur général Christophe Périllat a présenté les résultats financiers du groupe et ses perspectives pour 2025. Le dirigeant a fait le portrait d’une entreprise « idéalement positionnée » pour affronter les transformations du secteur automobile. Baptisé « Move Up », le plan ne contient pas de nouveaux projets d’acquisition ou de diversification. Une stratégie de continuité défendue par Christophe Périllat devant les analystes.
« Nous avons toutes les technologies dont nous avons besoin pour réussir. Mon objectif principal est de m'assurer qu'en 2025, lorsque l'hypercroissance se matérialisera pour les aides à la conduite et l'électrification, Valeo soit performant avec une faible dette et une forte rentabilité », a développé le directeur général, qui a débuté son mandat le 26 janvier.
500 millions d’euros de cessions
Si Valeo n’annonce pas d’acquisition pour l’instant, l’équipementier prévoit en revanche des cessions. Il compte se séparer d’actifs non stratégiques pour une valeur d'environ 500 millions d’euros entre 2022 et 2025. « J’ai ma liste », a évoqué le directeur général, sans donner de détails sur les activités concernées.

- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 0=
Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
L’équipementier espère profiter du lent redressement du marché automobile mondial. Il vise un chiffre d’affaires de 27,5 milliards d’euros en 2025, contre 17,3 milliards d’euros en 2021. La marge opérationnelle doit quant à elle atteindre 6,5% en 2025 contre 4% en 2021. Avec son chantier de désendettement, Valeo espère porter son free cash-flow à un minimum de 800 millions d’euros, contre 292 millions d’euros en 2021. Quelles seront les conséquences de ce plan pour les 187 usines de Valeo ? Christophe Périllat a voulu se montrer rassurant. « Nous prévoyons un changement très minime de notre empreinte. Nous n'avons pas besoin d'ouvrir ou de fermer beaucoup d'usines d'ici à 2025 », a estimé le directeur général.
Une position forte dans l’électrique
Le périmètre des activités doit rester inchangé avec une organisation autour de quatre pôles : les systèmes de propulsion, les systèmes de confort et d’aide à la conduite, les éclairages et la gestion thermique. Autant de domaines où Valeo prédit une forte croissance des ventes. Selon l’entreprise, le marché de l’électrification pourrait passer de 30 milliards d’euros en 2021, à 90 milliards dès 2025, puis 200 milliards en 2035. Dans le domaine des aides à la conduite, Valeo anticipe un marché à 120 milliards d’euros, contre seulement 15 milliards en 2021.
Valeo compte bien profiter de cette hypercroissance. Le groupe a récemment renforcé ses positions dans l’électrique. Le 11 février, l’équipementier a dévoilé un partenariat avec Renault pour développer une nouvelle génération de moteur. Le même jour, Valeo annonçait aussi le rachat de la part de Siemens dans leur coentreprise spécialisée dans les motorisations haute tension. Le redressement de cette activité fait partie des défis de Christophe Périllat. En 2021, Valeo Siemens eAutomotive affichait toujours une contribution négative de 255 millions d’euros dans les résultats du groupe. Des pertes que le groupe souhaite diviser par deux en 2022.
Certains experts estiment que les constructeurs automobiles pourraient internaliser une plus grande partie des voitures avec l'électrification. Mais Christophe Périllat a défendu le rôle des équipementiers. « 40% des activités liées aux groupes motopropulseurs à haute tension sont et resteront sous-traitées à des fournisseurs automobiles », a souligné le directeur général. « Même dans la partie du marché qui sera internalisée, il y a de la place pour des fournisseurs comme Valeo », a-t-il ajouté, en rappelant le partenariat avec Renault.
Des incertitudes sur l’inflation
Au terme d’une année 2021 fortement perturbée, Valeo est parvenu à rester dans le vert. Son chiffre d’affaires a progressé de 5% à 17,3 milliards d’euros, et son résultat net est repassé en territoire positif à 175 millions d’euros (contre une perte de 1,1 milliard d’euros en 2020). Contraint d’augmenter ses stocks face aux pénuries, l’équipementier a en revanche vu son flux de trésorerie disponible diminuer de 1% en 2021, à 292 millions d’euros.
Pour 2022, l’entreprise vise un chiffre d’affaires entre 19,2 et 20 milliards d’euros, une marge d’Ebitda entre 11,8 et 12,3% et une marge opérationnelle entre 3,2 et 3,7%. « Ces objectifs ne prennent pas en compte les conséquences potentiellement défavorables sur l'environnement économique et financier, des récents développement de la crise russo-ukrainienne, par exemple une baisse des volumes de production ou une hausse des prix de l'énergie ou des matières premières au-delà des prix connus début 2022 », prévient le groupe dans son plan stratégique.
Le directeur général a également évoqué l’inflation des salaires. Quelques jours plus tôt, les syndicats français menaient des actions de débrayage dans les usines pour dénoncer des augmentations insuffisantes. Ces incertitudes et la prudence de Valeo pour 2022 ont manifestement pesé sur le cours de l’entreprise. Aux alentours de 14 heures, le titre chutait de 11%.



